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Les croisés

Jeudi 1 mai 2008

Templiers, ils étaient….

 

Lorsqu’ils ne sont pas de service
(ce qui n'arrive que rarement) ou en train de manger leur pain en rendant grâces au ciel,
ils s'occupent à réparer leurs vêtements et leur harnais déchirés ou déchiquetés; ou bien ils font
ce que leur maître leur commande,
ou ce que les besoins de leur maison leur indique…

Les paroles insolentes, les actes inutiles, les rires immodérés, les plaintes et les murmures, s'ils sont remarqués ne restent pas impunis.
Ils détestent les échecs et les dés; ils ont la chasse
en horreur; ils ne trouvent pas dans la poursuite ridicule des oiseaux le plaisir accoutumé.

Ils évitent et abominent les mimes, les magiciens
et les jongleurs, les chansons lestes et les sorties.
Ils se coupent les cheveux ras, sachant de par l'Apôtre que c'est une ignominie pour un homme
de soigner sa chevelure. On ne les voit jamais peignés, maculés par leur harnais
et par la chaleur.

Tous les frères obéissaient au maître, et le maître obéissait à son chapitre.

Pauvreté, chasteté, obéissance: leurs trois voeux de moines régissaient aussi leur vie de chevaliers.
Les plaisirs de la table, du jeu ou de 1'amour leur étaient interdits.
Ils ne pouvaient embrasser amie, ni mère, ni soeur, ni parente.
Il ne leur était permis de chasser que le lion.
À la guerre, ils devaient accepter le combat à un contre trois et ne pouvaient lever I'épée contre un chrétien qu'après avoir été attaqués trois fois.
La règle de 1'Ordre organisait dans tous ses détails la vie rude du Templier.
Le moindre manquement à la discipline était sévèrement puni. Pour un cheval maltraité, une arme négligée, le coupable devait jeûner au pain et à 1'eau, manger par terre, et si des chiens venaient à vouloir manger avec lui, il ne devait pas les chasser.
Les fautes les plus graves — violation du secret du chapitre, sodomie ou lâcheté — étaient punies de la perte de 1'habit et de 1'exclusion.
Mais ces moines-soldats exemplaires devinrent vite par la force des choses banquiers, diplomates, navigateurs, éleveurs de chevaux, plaideurs.

Serment de Chevalier du Temple

Au nom de la Très Sainte, Bénie et Glorieuse Trinité et en présence des Chevaliers ici assemblés, par ceci et sur ceci, je promets et jure très solennellement de ne jamais révéler les secrets d'un Chevalier du Temple à quiconque n'aurait pas reçu ce grade, sauf à un Candidat à ce celui-ci, au sein d'une Préceptorie légitime de Chevaliers du Temple, et seulement lorsque j'y remplirai les fonctions de Précepteur régulièrement installé. Je promets, en outre, solennellement que je maintiendrai et défendrai fidèlement la sainte foi chrétienne contre toutes les attaques, non provoquées, de ses ennemis; que je ne ferai pas, même en colère, couler le sang d'un Chevalier du Temple, à moins que ce ne soit pour une juste guerre entre pays ou princes souverains; mais au contraire, je le défendrai, même au péril de ma vie, partout et chaque fois que sa vie ou son honneur pourraient être en danger; que je protègerai, dans toute la mesure de mes moyens, les parents et amis les plus proches et les plus chers de tout Chevalier du Temple, et leur éviterai, si possible, tout préjudice, péril ou violence auxquels ils pourraient se trouver exposés. Enfin, je promets très sincèrement d'obéir aux plus hautes autorités du pays où je réside ou pourrais résider; d'observer strictement et de maintenir les Anciens Règlements et Lois de l'Ordre ainsi que les Statuts du Grand Prieuré de France, et de répondre et obéir, autant que je le pourrai, aux convocations qui me seront envoyées. Tous ces points, je jure de les respecter fidèlement, sans hésitation, restriction mentale ou faux fuyant d'aucune sorte. Que le Christ m'aide et m'arme de fermeté pour tenir cette obligation solennelle.

 

Les dix commandements de la chevalerie.

I. Si on n’était pas chrétien, on ne pouvait devenir chevalier.
Le chevalier devait croire en Dieu et avoir confiance en lui.

II. Tu protégeras l’Église.
Cette règle est le cri d’armes du chevalier. Le chevalier devait servir et défendre l’Église.

III. Tu auras le respect de toutes les faiblesses et tu t’en constitueras le défenseur.
Le chevalier devait défendre tous les faibles aussi bien les prêtres, les femmes que les enfants.

IV. Tu aimeras le pays où tu es né.
Le chevalier devait aimer et protéger sa patrie

V. Tu ne reculeras pas devant l’ennemi.
Le chevalier devait être un homme brave. Mieux valait être mort que d’être appelé couard.

VI. Tu feras aux infidèles une guerre sans trêve et sans merci.
Cette règle invitait les chevaliers à combattre et haïr les païens.

VII. Tu t’acquitteras exactement de tes devoirs féodaux, s’ils ne sont pas contraires à la loi de Dieu.
Le seigneur devait protéger son vassal qui, en échange, était fidèle à son seigneur Le chevalier devait aider son seigneur lorsqu’il avait besoin d’aide.

VIII. Tu ne mentiras point et sera fidèle à la parole donnée.
Le chevalier ne devait en aucun cas mentir et le respect de la parole donnée allait aussi avec la franchise.

IX. Tu sera libéral et fera largesse à tous.
Le chevalier devait être courtois et sage pour tous. Il devait être aussi généreux.

X. Tu seras, partout et toujours, le champion du Droit et du Bien contre l’injustice et le Mal.
Le chevalier devait se faire le défenseur du Bien et le combattant du Mal.

 

Par landulphe
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Jeudi 1 mai 2008

Les Obligations des Pauvres Chevaliers du Christ

Texte inédit des Constitutions signées à Narbonne en 1117,
portant la première mention historique de l'Ordre du Temple qui fut officiellement constitué à Jérusalem en 1119.

 

A la gloire de Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, Dieu qui fut, qui est et qui sera de toute éternité. 

Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et pour ceci, il est sage de reconnaître que Dieu est le Dieu Bon comme le Dieu Bon est Dieu. 

Ce 13e jour du 12e mois appelé Tisri de l'an de grâce Mil cent dix-sept, faisant étape dans la plaisante cité de Narbonne au long de notre route vers la Sainte Jérusalem, Nous, Hugues de Payens et Geoffroy de Saint Omer, confortés par sept de nos compagnons, les illustres chevaliers Giambaptista de Bolandis, Pierre Despatis de Courteilles, Roland de Romer Villiers, Jean Petit de Grandjardin, André Dupuis de Sens, Didier-Ange de Tavernet et Pierre baron de Priestley, avons décidé de former une fraternelle communauté, cela pour le bien et l'utilité de tous nos frères en Jésus-Christ, pèlerins en Terre sainte, cela pour éviter discussions, échecs, soucis, dépenses et dommages provenant de désordres, agressions ou transgressions dans la protection de la route de la sainte Jérusalem. 

Pour que notre entreprise chrétienne soit valable en tout temps, nous, Hugues de Payens et Geoffroy de Saint Omer, en notre nom et au nom de nos sept valeureux compagnons, nous nous constituerons, dans un esprit fraternel, en Ordre du Temple dés notre entrée dans la sainte cité de Jérusalem, nous jurant d'observer fidèlement les règlements ci-dessous définis et cela pour nous-mêmes et pour nos successeurs. 

I. Celui qui désirera entrer dans notre Ordre devra promettre d'observer, comme nous, tous les points et articles qui sont mentionnés dans les présentes Obligations. 

II. S'il se présente un homme d'arme, un moine, un bourgeois milicien qui désirent rejoindre notre Ordre, on peut les accepter. S'il s'agit d'un seigneur , il sera reçu avec tous les honneurs dus à sa qualité, lui et les gens de sa maison. 

. III. Celui qui est sous la dépendance d'un Seigneur ne peut être accepté dans notre Ordre qu'avec l'assentiment de son Seigneur. 

IV. On ne doit pas accepter dans l'Ordre un chevalier ou un homme d'arme qui n'a pas communié dans l'année ou qui ne pratique pas, ou qui gaspille son avoir au jeu ou avec les femmes.
Si d'aventure un quelconque de cette catégorie avait été coopté, aucun chevalier, aucun soldat ne doit avoir de contacts avec lui jusqu'à ce qu'il ait changé de vie et subi une punition accomplie devant le Dieu Bon. 

V. Aucun chevalier ne doit vivre ouvertement en concubinage. Il ne peut par ailleurs commettre l'acte de procréation avec les femmes qui font partie des pèlerins dont il a la garde. S'il ne s'en abstient pas, aucun membre de l'Ordre ne doit rester dans sa troupe, ni avoir rien de commun avec lui. 

VI. S'il n'est pas chevalier, celui qui aura bien servi l'Ordre intérieur durant 1 an et qui est âgé de plus de 25 ans, sera promu au grade d'Ecuyer Novice. Après un noviciat de 3 ans, avec l'accord de ses frères en Jésus-Christ il sera ensuite élevé au titre de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte. 

VII. Les présentes Obligations, ainsi que les comptes de l'Ordre sont conservés dans deux livres. Le Chevalier qui a la charge des livres doit promettre à l'Ordre d'en prendre soin et de n'en laisser copie à personne, ni de les prêter à qui que ce soit afin qu'ils restent intacts. 

VIII. Le chevalier qui a la responsabilité des livres de l'Ordre doit les faire lire à ses frères une fois par an, lors de l'installation de plus vénérable d'entre eux. S'il vient un membre de l'Ordre qui désire connaître les dits comptes en tout ou en partie, il doit leur en faire prendre connaissance afin qu'il n'y ait aucune équivoque. 

IX. A tout chevalier qui dirige une troupe de pèlerins qui rejoint Jérusalem est dévolu le pouvoir juridique sur la troupe pour régler tous différents qui pourraient survenir entre les voyageurs ou pèlerins, Obéissance lui est due par tous ceux-ci. 

X. Si un chevalier qui dirige une troupe de pèlerins vient à mourir sans avoir achevé sa route et qu'un autre chevalier s'y attelle, celui-ci doit la mener à bonne fin sans l'abandonner à un troisième, et cela afin que ceux qui ont pris le chemin de la sainte Jérusalem sous la protection de l'Ordre ne se trouvent pas dans des frais exagérés qui porteraient préjudice à la mémoire du défunt ou de l'Ordre lui-même. 

XI. Le responsable d'une troupe de pèlerins et voyageurs n'a le droit de recevoir aucune rétribution pour le service qu'il dispense, outre le juste prix réclamé par l'Ordre pour les convoyer et protéger. Il ne dispose non plus d'aucun droit de cuissage et est tenu de respecter et de faire respecter les pucelles qui font partie du groupe de pèlerins, ceci au péril même de sa propre vie. 

XII. Si un homme pieu désire participer au service divin ou autre voyage à destination de la sainte Jérusalem, on doit l'accueillir. 

XIII. Si un pèlerin ayant entamé le voyage de la sainte Jérusalem venait à mourir, il faut que n'importe quel membre de l'Ordre se charge de l'ensevelir en terre chrétienne et de faire dire une messe en son honneur. Les frais en seront récupérés par la vente des bagages du défunt, à moins que sa famille, des proches ou amis s'en chargent. 

XIV. S'il arrive qu'une plainte soit portée par un chevalier contre un autre chevalier, par un compagnon ou un pèlerin, exception faite des simples voyageurs et des hérétiques originaires de Judée, cette plainte doit être portée devant l'illustre chevalier qui détient les livres de l'Ordre. Celui-ci précise les jours où les parties doivent être entendues et la cause sera jugée dans les lieux où ont été conservés les livres de l'Ordre. 

XV. Au cas où une plainte parvient au chevalier, il n'en doit pas prononcer seul une sentence mais s'adjoindre deux illustres membres de notre Ordre les plus proches. Ensemble, ils éclaireront la question et ils décideront souverainement de la sanction au nom du Dieu Bon. 

XVI. Dons et amendes doivent être versés dans les troncs de l'Ordre afin que le service divin soit d'autant mieux célébré. Il en est de même des frais du voyage des pèlerins et voyageurs à destination de la sainte Jérusalem. 

XV. Le dernier point est de toujours avoir bonne discrétion, comme vous pouvez le comprendre par bonne raison. 

 

Que le Dieu Bon Vous accorde sa grâce céleste, pour bien comprendre l'importance de l'Ordre, afin d'obtenir le ciel en récompense. 

Amen! Ainsi soit-il!
Gloire au Dieu Bon !

Par landulphe
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