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Jeudi 1 mai 2008

VICOMTE

Le mot de vicomte, en latin vice-comes, désigne en général celui qui tient la place du comte et qui remplit ses fonctions, qui vices comitis exsequitur.
Quoique le titre de comte fût en usage chez les Romains, et que quelques auteurs comparent les vicomtes à ces commissaires ou députés que l'on appelait legati proconsulum, il est certain que le titre de vicomte n'était pas connu à Rome, et qu'il n'a commencé à être employé qu'en France.
Les comtes des provinces avaient sous eux des comtes des villes; par exemple, le comte de Champagne avait pour pairs les comtes de Joigny, de Rhétel, de Brienne, de Portien, de Grand-Pré, de Roucy et de Braine; quelques écrivains y ajoutent celui de Vertus.
Cependant, il y avait certaines province où le comte avait sous lui, soit dans sa capitale, soit dans les principales villes de son gouvernement, des vicomtes au lieu de comtes particuliers, comme en Poitou où il y avait quatre vicomtés, qui étaient Thouard, Brosse, Châtellerault et Rochechouart. En Guienne et surtout en Languedoc il existait beaucoup de seigneuries vicomtales.
L'origine de l'institution des vicomtes remonte jusqu'aux temps mérovingiens; il en est fait mention dans le chapitre 36 de la loi des Allemands, publié pour la première fois par Thierry ou Théodoric, fils de Clovis, et roi de Metz et de Thuringe. Ils sont nommés vicecomites, parce que c'étaient des commissaires nommés par les comtes pour gouverner à leur place, soit en leur absence, soit dans les lieux où ils ne résidaient pas, à la différence des vici diminici qui étaient envoyés par le roi dans les provinces et les grandes villes. La loi des Lombards les appelle ministri comitum: ils tenaient la place des comtes dans les plaids ordinaires et aux grandes assises ou plaids généraux, nommés en latin mallum publicum. Ces mêmes officiers sont nommés dans les capitulaires de Charlemagne vicarii comitum, c'est-à-dire lieutenants des comtes; ils étaient au-dessus des centeniers. Leurs fonctions ont donné naissance à la dignité des vicomtes, en suivant la marche que nous allons indiquer.
Les comtes qui avaient le gouvernement des villes, se trouvant chargés tout à la fois du commandement des armées et de l'administration de la justice, et étant, par leur position, beaucoup plus versés dans l'art militaire que dans la connaissance des lois, se déchargeaient des menues affaires de la justice sur des vicaires ou lieutenants que l'on appelait vicomtes, viguiers (vicarii), et aussi prévôts ou châtelains, selon l'usage des provinces. La première de ces trois dénominations semble avoir été particulièrement affectée à ceux qui exerçaient leurs fonctions dans les villes. Cette classe de lieutenants était beaucoup plus éminente que les deux autres, qui administraient de simples châtellenies ou des seigneuries. Comme les fonctions de comte embrassaient le gouvernement et le commandement militaire ainsi que l'administration de la justice, celles des vicomtes s'étendirent aussi en leur absence aux mêmes objets, et comprirent également dans leur juridiction la ville et tout son territoire.
Le nombre des vicomtes, long-temps fort restreint, s'accrut beaucoup à partir du règne de Charles-le-Chauve; c'étaient en général des cadets de race comtale.
Sous les derniers rois carlovingiens, les ducs et comtes s'étant rendus indépendants et héréditaires dans leurs gouvernements, qui n'étaient auparavant que de simples commissions, les vicomtes imitèrent leur exemple.
Les offices des vicomtes furent inféodés comme ceux des ducs, des comtes, etc.; les uns relevèrent directement du roi, les autres furent sous-inféodés par les comtes.
L'historien du Languedoc, dom Vaissète, place dès le Xème siècle les vicomtes au nombre des grands vassaux de la couronne. Brussel, dans son traité de l'Usage des Fiefs, chap. 1er, P; 692, prétend au contraire que les vicomtés ne furent mis au rang des fiefs de dignité que vers le milieu du XIVème siècle; mais ce jurisconsulte a pris par mégarde l'époque même de le leur décadence pour celle de leur institution; car si ce fut alors que commença l'usage d'ériger par lettres patentes une multitude de simples fiefs en vicomtés, ces nouveaux vicomtes n'eurent, des anciens grands feudataires, que le titre; et il est certain, comme l'observe dom Vaissète, que dès le Xème siècle les vicomtes de Narbonne, d'Albi, de Nismes, de Beziers, de Polignac, jouissaient des droits régaliens dans leurs domaines, et de tous les attributs de la souveraineté.
Sous la restauration, la dignité de vicomte n'était qu'un titre, sans érection de terre, que le roi accordait par lettres patentes à des gentilshommes, ou en vertu de l'institution d'un majorat.
Napoléon, lorsqu'il avait constitué la noblesse de l'empire, en avait exclu la qualification de vicomte, comme celle de marquis. Depuis 1830, cette règle paraît avoir été suivie car on n'a pas d'exemple de création nouvelle de ces deux titres.
Dans la Grande-Bretagne, le nombre des vicomtes, viscount, est de 49 pour les pairies d'Angleterre, de 6 pour celles d'Écosse, et de 44 pour celles d'Irlande.

BARON

L'étymologie du mot baron ou ber, en latin baro, a donné lieu à une foule d'hypothèses, dont une des moins absurdes le dériverait du mot grec XXX, fort, puissant. Ce qu'il y a de plus vraisemblable, c'est que cette expression, dont l'origine celtique est incontestable, a pour racine primitive la syllabe bar ou ber, qui signifiait force, éclat, puissance.
Anciennement on entendait en France par barons tous les seigneurs qui relevaient immédiatement du roi; ainsi, ce mot comprenait indistinctement les ducs, marquis, comtes et autres vassaux directs de la couronne, comme on peut le voir par les diplômes et par les autres monuments émanés de l'autorité royale où le prince, s'adressant aux seigneurs de sa cour et de son armée, les appelle ses barons.
Le cartulaire de Philippe-Auguste donne la liste des barons français, au nombre de cinquante-neuf, qui servaient sous ce prince en 1214, et combattirent avec lui à la bataille de Bouvines.
Depuis le XIVème siècle, l'expression barons, prise dans une signification générale, s'appliquait aux principaux seigneurs d'un pays, à ceux qui avaient séance et voix délibérative aux états. Dans certaines provinces méridionales, on les appelait bons hommes, boni homines.
En Bretagne, les barons précédaient les vicomtes. On voit même que le parlement de Rennes, en vérifiant les lettres d'érection du marquisat d'Épinoy, déclara, par arrêt du 18 février 1575, que c'était sans préjudice du rang et des honneurs, droits et prééminences du baron de Vitré, qui siégeait le premier aux états.
Dans les temps modernes, ce terme a été pris dans une acception beaucoup moins générale, puisqu'il n'est plus que le titre affecté au possesseur d'une baronnie, qui ne prend rang qu'après les ducs, les marquis, les comtes et les vicomtes. C'est le dernier titre de la hiérarchie féodale, quoiqu'il y ait en France et en Allemagne d'anciens barons qui ne voudraient pas le céder à des nobles revêtus des autres qualifications.
Les trois premiers barons de France étaient ceux de Bourbon, de Conty et de Beaujeu, dont les fiefs ont été réunis, il y a plusieurs siècles, à la couronne.
Dans le clergé, il y avait des évêques, des abbés et des prieurs barons, soit qu'anciennement les rois leur eussent accordé ce titre, soit qu'ils possédassent, par leurs libéralités, des baronnies, ou qu'ils les tinssent en fief de la couronne.
Le chef de la maison de Montmorency prend le titre de premier baron de France, comme le plus ancien et le plus éminent de ceux du duché de France; quelquefois aussi il est qualifié premier baron chrétien, par corrélation sans doute avec le titre de roi très-chrétien, que porte son suzerain.
Des écrivains font aussi mention des titres de barons accordés à quelques-uns des principaux bourgeois de Bourges et d'Orléans, comme à ceux de Londres, sans emporter avec eux de caractère de noblesse.
La dignité de baron en Allemagne et en Angleterre a subi à peu près les mêmes phases qu'en France. Il y a aujourd'hui dans la Grande-Bretagne 304 pairies revêtues du titre de baron, 25 écossaises et 72 irlandaises.
Outre les titres de duc, marquis, comte, vicomte et baron, dont l'usage s'est conservé jusqu'à nos jours, et qui ont été appelés à faire partie des qualifications de la noblesse reconstituée par la charte de 1844, il y avait plusieurs autres dénominations génériques qui eurent un rôle analogue sous le régime féodal. Nous allons donner ici les principaux.
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Jeudi 1 mai 2008

VIDAME

Les vidames, connus dans la Septimanie dès l'an 828, étaient originairement des officiers qui représentaient les évêques. Ils exerçaient la justice temporelle de ces prélats, de sorte qu'ils étaient à leur égard à peu près ce que les vicomtes étaient pour les comtes, avec cette différence cependant que dans chaque évêché il n'y avait qu'un seul vidame, et qu'il avait haute, moyenne et basse justice.
On les nommait vidames, vice-domini ou vice-domni, parce que l'évêque était appelé lui-même, par excellence, dominis ou domnus: d'où, en vieux français, on avait fait dom ou dam, qui signifiait seigneur.
Comme les vicomtes, ils changèrent leurs charges en fiefs, et de simples officiers ils devinrent vassaux de leur évêque. Il est à remarquer que la plupart des vidames ont pris leur nom des villes épiscopales, quoique leurs seigneuries en fussent souvent fort éloignées, tel que les vidames de Reims, d'Amiens, du Mans, de Chartres.

SIRE

La qualification de sire équivalait primitivement à celle de baron; lorsque cette dernière fut donnée aux gentilshommes qui obtinrent des érections de terre en des baronnies, la qualité de sire prévalut. Elle était prise par les sires de Beaujeu, de Montlhéry, de Coucy, de Bourbon, etc., pour se distinguer des barons inférieurs qui n'étaient point vassaux immédiats de la couronne.
La dénomination de sire, employée devant le nom de fief de cette manière, le sire de Joinville, ou Anseau, sire de Joinville, a toujours exprimé la haute noblesse; mais placée devant le prénom, comme sire Jean, sire Pierre, elle a toujours caractérisé la roture.
Dans le premier cas, on peut avec raison, prétendre que les titres de sire et de prince étaient synonymes; mais il faut remarquer qu'il s'agit alors d'une époque où le nom de prince n'avait pas la valeur et l'importance qu'on lui a attribuées dans les temps modernes.

CHATELAIN

On appelait seigneur châtelain, castellanus, celui qui possédait un château ou maison-forte munie de tours et fossés, et qui y avait justice avec titre de châtellenie.
Les ducs et les comtes ayant le gouvernement d'un territoire fort étendu préposèrent sous eux, dans les principales bourgades de leur département, des officiers qu'on appela castellani, parce que ces bourgades étaient autant de forteresses appelées en latin castella.
Les châtelains avaient dans leurs attributions le maintien des sujets dans l'obéissance et l'administration de la justice, qui formait alors un accessoire du gouvernement militaire. Ainsi, ce n'était primitivement que de simples officiers qui usurpèrent dans les temps de troubles la propriété de leur charge, de sorte qu'elle devint un titre de seigneurie et non plus une fonction personnelle, excepté en Auvergne, en Poitou, en Dauphiné et dans le Forez, où les châtelains étaient encore, au commencement de la révolution, de simples officiers.
On nommait châtelains royaux ceux qui relevaient immédiatement de la couronne, à la différence de ceux qui étaient vassaux d'une baronnie ou d'une autre seigneurie titrée. Pour la plupart ils avaient été originairement les simples gardiens de châteaux dont ils reçurent ensuite l'inféodation de nos rois comme récompense de leur fidélité. Ces châtelains tendant de plus en plus à abuser de leur autorité, Philippe-le-Bel et Philippe-le-Long les destituèrent tous en 1340 et 1346.

COMTOR

Le titre de comtor, qui est resté aux possesseurs de quelques fiefs en Auvergne, en Rouergue et dans le Gévaudan, signifiait, au XIème siècle, un vassal immédiat du comte, inférieur au vicomte, mais supérieur à tous les autres seigneurs. Dom Vaissète en conclut qu'on doit mettre de comtorat au rang des fiefs de dignité.

SATRAPE ET SOUDAN

Quelques membres de la maison d'Anduse et plusieurs seigneurs de Sauve prirent, dans le XIème siècle, le nom de satrapes. D'autres, de la maison de Preissac, en Guienne, portèrent jusqu'au XIVème siècle la qualité de soudans de Latran. On n'a pas besoin de faire remarquer que ces qualifications orientales ont été adoptées à l'occasion des premières croisades.

CAPTAL ET MISTRAL

La qualité de captal, en latin capitalis, que portaient les seigneurs de Buch, de la maison de Grailly, et les seigneurs de Puychagut, près de Marmande, signifiait chef ou capitaine. C'était le nom d'un office qui, comme celui de châtelain, se perpétua dans quelques familles, sans rien conserver de son ancienne signification.
La qualité de mistral, usitée dans quelques familles nobles du Dauphiné, comme celles de Falcos et de Montdragon, était le nom d'un office dont les principales fonctions étaient de percevoir les droits du dauphin et de tenir la main à l'exécution des jugements dans l'étendue de ses domaines. Valbonnais, dans son Histoire du Dauphiné, dit que cet office ne se confiait ordinairement qu'aux nobles qui faisaient profession des armes.
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Jeudi 1 mai 2008

CHEVALIER ET ÉCUYER

La dignité de chevalier, en latin miles, était dans l'origine le grade le plus éminent de la noblesse militaire. Il n'y avait pas de récompense plus ambitionnée et plus capable d'animer et de redoubler le courage des guerriers dans les occasions périlleuses. Cette dignité, toute personnelle et on transmissible héréditairement, se conférait par une espèce d'investiture accompagnée de cérémonies religieuses et d'un serment solennel, excepté en temps de guerre, sur les champs de bataille, où la collation se réduisait à la simple accolade.
Il y avait deux classes de chevaliers: les bannerets, qui possédant de grands fiefs, avaient le droit de lever bannière et étaient tenus de soudoyer cinquante arbalétriers pour le service du roi; les bacheliers, qui, n'étant point barons ou n'ayant pas assez de vassaux pour lever bannière, servaient sous les ordres des premiers, et quelquefois même sous les enseignes des écuyers bannerets.
On rapporte la décadence de cette institution au privilège qu'eurent les prélats et les barons de certaines villes du royaume, comme à Beaucaire et à Limoges, d'anoblir les bourgeois en leur conférant la ceinture militaire, cérémonie en usage pour armer un chevalier. L'invention de la poudre et la révolution qu'elle apporta dans la tactique et la discipline militaire doivent être regardées comme les deux plus véritables causes de l'anéantissement de la chevalerie.
Nos rois introduisirent, à la fin du XIVème siècle, l'usage d'anoblir par la chevalerie, et ce ne fut depuis qu'une simple qualification, d'abord caractéristique d'ancienne noblesse, et dans la suite prodiguée aux familles encore trop récente pour pouvoir s'attribuer des titres de dignité.
Un édit de Louis XIV, du mois de novembre 1702, porta création dans les pays de Flandres, d'Artois et de Hainaut, de 200 chevaliers héréditaires qui se recruteraient parmi les principaux gentilshommes de ces provinces.
En Lorraine, les expressions lettres d'anoblissement ou de chevalerie étaient devenues synonymes, car les ducs avaient pris la coutume d'accorder la qualification de chevalier à tous ceux qu'ils élevaient à l'ordre de la noblesse.
On appelait écuyers, armigeri, les gentilshommes qui n'étaient pas encore parvenus à la chevalerie. Ils ne pouvaient porter, au lieu d'éperons dorés et d'habits de velours, que des éperons argentés et des habits de soir.
Le titre d'écuyer et de chevalier était d'abord affecté à la noblesse faisant profession des armes, à l'exclusion de celle qui devait son origine aux grands offices et aux charges de la magistrature. Aussi, les présidents et les conseillers des cours souveraines ne prirent d'abord que la qualification de maître, équivalente alors à celle de noble; mais dans la suite les gens de robe et autres anoblis prirent les mêmes titres que la noblesse d'épée.
Il y avait certains emplois dans le service militaire et quelques charges qui donnaient le titre d'écuyer, sans attribuer à celui qui le portait une noblesse héréditaire et transmissible. C'est ainsi que la déclaration de 1651 et l'arrêt du grand conseil portaient que les gardes du corps du roi pouvaient se qualifier écuyers. Les Commissaires et contrôleurs des guerres et quelques autres officiers prenaient aussi le même titre.

VARLET

La qualité de valet ou varlet étai autrefois honorable et synonyme de celle d'écuyer. Les fils des princes eux-mêmes prenaient souvent ce titre. Villebardouin s'en sert pour désigner le fils de l'empereur dans plusieurs passages de sa chronique. Du Chesne, en son histoire de la maison de Richelieu, rapporte le titre de l'an 1201, dans lequel Guillaume du Plessis se qualifie valet, mot qui signifie, dit-il, écuyer ou damoisel. Il ajoute que les nobles, en s'intitulant valets donnaient à connaître par là qu'étant issus de chevaliers, ils aspiraient eux-mêmes à le devenir. Il cite plusieurs titres anciens où un personnage noble, qualifié valet, se dit fils d'un chevalier. Wace, dans son roman de Brut, s'exprime ainsi en parlant du jeune Richard, duc de Normandie;
Ni ère mie chevalier, encore ère valeton
N'avoir encore en vis ne barbe, ne grenon.
Ducange dit qu'on a appelé valeti les enfants des grands seigneurs qui n'étaient pas chevaliers, et qu'on a donné ce titre à des officiers honoraires, comme les valets-tranchants, les valets-échansons.
Plusieurs auteurs dérivent l'expression valet de l'hébreu valad, qui signifie enfant; d'autres lui donnent pour racine le mot bar, qui veut dire fils, et que les Espagnols ont reçu des Sarrazins, et en le changeant en varo, d'où l'on a fait varelet et par syncope varlet, comme on disait autrefois. Dans une troisième hypothèse, elle aurait une origine commune avec le mot baron.
Les varlets remplissaient à peu près les mêmes fonctions que les écuyers auprès des chevaliers, et portaient leur écu ou bouclier. Cependant il semble que la condition du varlet se rapprochait plus de celle du page.
Nos cartes à jouer offrent une preuve sensible et péremptoire de l'honneur qui était attaché à cette qualité, car les quatre valets reçurent les noms des guerriers les plus célèbres.
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Jeudi 1 mai 2008

DAMOISEAU

Le titre de damoiseau ou damoisel, en latin domicellus, diminutif de dominus, seigneur, fut, comme ceux d'écuyer et de varlet, porté par les enfants de souverain et de très-grands princes, et réservé en général aux fils de chevaliers. Il est synonyme de donzel, expression usitée jadis en Périgord, en Quercy et dans d'autres provinces méridionales.
Les seigneurs de Commercy prenaient héréditairement la qualité de damoiseau, affectée sans doute à la possession de ce fief. C'était un franc-alleu qui avait conservé de très-beaux droits de souveraineté.

GENTILHOMME

Le gentilhomme est l'homme noble d'extraction, nobilis genere, à la différence de celui qui est anobli par charge ou par lettres du prince, et qui, étant noble sans être gentilhomme, communique la noblesse à ses enfants, lesquels deviennent gentilshommes.
Quelques écrivains pensent que ce mot vient de l'expression latine gentis homines, qui signifie les hommes de l'État, c'est-à-dire dévoués au service du pays, comme l'étaient autrefois les Francs. Tacite, parlant des moeurs des Germains, dit que les compagnons du prince n'abordent les affaires qu'après avoir embrassé la profession des armes, que l'habit militaire est pour eux la robe civile, qu'ils ne sont jusque-là que membres de familles particulières, mais qu'alors ils appartiennent à la patrie et à la nation, dont ils deviennent les membres et les défenseurs.
L'opinion la mieux fondée donne pour racine au mot gentilhomme l'adjectif gentiles, qui signifiait d'abord les rejetons de même famille, et qui devint ensuite l'épithète générique de ceux qui étaient, par leur naissance distinguée, en état de prouver leur origine et leur ancienneté.
La qualité de gentilhomme exprimait autrefois une noblesse féodale dont l'origine remontait aux temps les plus reculés, et ajoutait encore l'idée d'une ancienne extraction celle d'une longue possession de services militaires. Cette qualité fut tellement en honneur que plusieurs de nos rois n'avaient d'autre serment que la foi de gentilhomme. François 1er, dans le lit de justice qu'il tint le 20 décembre 1527, dit qu'il était né gentilhomme et non roi; et Henry IV, lorsqu'il prononça le discours d'ouverture des états à Saint-Ouen de Rouen en 1596, déclara qu'il n'établissait pas de distinction entre les princes du sang et sa brave et généreuse noblesse, la qualité de gentilhomme, ajouta-t-il, étant le plus beau titre que nous possédions.
Lorsque la qualification de gentilhomme devint commune à toute la noblesse, on y ajouta les distinctions de la naissance pour en relever la valeur. De là sont venues les expressions: gentilhomme de nom et d'armes, de haut parage, de sang, etc.
André Duchesne, historiographe de France, dit que les gentilshommes de nom et d'armes sont ceux qui peuvent montrer que le nom et les armes qui leur appartiennent ont été portés de temps immémorial par leurs aïeux, et qu'ils ont toujours fait profession de cette qualité, dont on ne peut découvrir l'origine.
Froissard avait dit auparavant de quelques chevaliers: Ils sont gentilshommes de nom, parce que leur noblesse est aussi ancienne que leur nom, qui les a toujours distingués des autres hommes et des anoblis; gentilshommes d'armes, parce qu'ils ont été les premiers à s'illustrer dans les pays conquis, et parce que les armoiries suivent naturellement les noms.
Le P. Menestrier pense que le gentilhomme de nom et d'armes est celui qui, sans aucun reproche de roture paternelle ou maternelle, a un nom de famille et des armoiries connus soit par le témoignage de gens de même qualité que lui, soit par les tournois, par les registres des hérauts dans lesquels sont inscrits et les noms et les armes des plus illustres familles, soit enfin par les titres. Il dit aussi qu'on peut donner cette qualité aux seigneurs qui avaient le droit de porter bannière dans les armées, d'y représenter leurs armoiries, et d'y crier leur nom pour rallier les troupes.
On peut donc conclure, de toutes ces opinions, que la noblesse de nom et d'armes est celle qu'on appelle de race chevaleresque, c'est-à-dire celle dont l'origine est inconnue et aussi ancienne que l'hérédité des fiefs et que l'usage des noms de famille.
En Bretagne, la noblesse ne prenait souvent aucun titre, mais on reconnaît son caractère dans les partages, où l'aîné prend toujours la qualité d'héritier principal et noble. Cette formule, particulière à la province, tenait à un point de sa législation. Avant l'an 1185, les fiefs se partageaient également entre tous les mâles de la même maison. A cette époque, Geoffroy II, duc ou comte de Bretagne, tint une assise dans laquelle, du consentement des prélats et des barons, il régla que désormais les aînés hériteraient de toutes les possessions féodales de leur maison, à la charge de pourvoir à la subsistance de ses juveigneurs ou puînés, suivant leur condition. Cette ordonnance, qui assurait la conservation des grandes familles et les services militaires dont étaient tenus les vassaux des ducs de Bretagne, est appelée communément l'assise du comte Geoffroy
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Jeudi 1 mai 2008

Le pélerinage au Moyen-Age

 

Le phénomène du pèlerinage religieux existe de tous temps et dans la plupart des religions, mais cette forme de dévotion populaire s'est particulièrement développée au Moyen Age, essentiellement en lien avec le culte des saints. Deux idées sous-tendent ce culte: d'une part celle de l'efficacité du saint comme intermédiaire entre Dieu et les hommes, d'autre part l'idée que les lieux sont sacralisés par la présence du corps ou d'une relique d'un saint: "les corps des martyrs, écrit Grégoire de Nazianze, ont le même pouvoir que leurs saintes âmes, soit qu'on les touche, soit qu'on les vénère". Les sanctuaires à reliques se multiplient donc, attirant les pèlerins.

1. Pourquoi part-on ?

1.1 Les motivations sont multiples.
On part en pèlerinage :

- par curiosité intellectuelle ou historique, pour voir les décors de la vie du Christ ou d'un saint.
- pour prier les saints et vénérer leurs reliques.

- pour obtenir une faveur, en particulier une guérison ? pour accomplir un vœu ou remercier d'une grâce
- pour mourir et être enterré ad sanctos. Cette motivation, qu'il faut replacer dans une perspective eschatologique, n'est pas rare, et l'on trouve d'importantes nécropoles auprès de certains centres de pèlerinage.
- par ascèse, pour rechercher le salut dans l'exil et l'errance volontaires, en réponse à l'appel du Christ. C'est à travers les dangers et les fatigues de la route que se réalise l'idéal de purification.

1.2 Mais il existe aussi d'autres formes de pèlerinage :

- la pénitence imposée. A côté de la pénitence volontaire liée au pèlerinage de dévotion, on voit apparaître dès le IXe siècle, sous l'influence irlandaise, le pèlerinage de pénitence imposée et tarifée. Il est utilisé comme peine, même par les tribunaux civils, mais peut, dans ce cas, être racheté.
- les pèlerinages politiques des grands: rois et empereurs donnent un sens politique ou symbolique à leurs pèlerinages et mettent leur pays ou leur dynastie sous la protection d'un saint: Martin pour les Mérovingiens, Denis pour les Capétiens, Michel pour les Valois, les Rois mages pour l'Empire et Jacques pour l'Espagne.

1.3 Deux autres phénomènes sont liés au pèlerinage:

- la croisade : les privilèges juridiques qui y sont attachés sont d'ailleurs identiques à ceux du pèlerin.
- les jubilés et les indulgences : dès le Xle s., on voit se multiplier les indulgences pour des pèlerinages faits dans certaines conditions ou à certaines fêtes. A partir de 1300, les papes accordent régulièrement des jubilés, indulgences de rémission plénière des péchés.

1.4 On distingue donc plusieurs niveaux de spiritualité :

- un niveau populaire marqué par le goût du merveilleux et la recherche de la guérison du corps.
- un niveau plus spirituel, celui des pèlerinages de dévotion qui cherchent le salut de l'âme par l'ascèse personnelle.

2. Où va-t-on ?

2.1 Jérusalem : ce pèlerinage dans les pas et sur le tombeau du Christ est le pèlerinage par excellence. Si, à partir du Vlile s., les pèlerins subissent les tracasseries de l'occupation musulmane, leur passage, qui est source de revenus, n'est jamais totalement interrompu. Ce pèlerinage est caractérisé par sa longueur, I'hostilité de populations non chrétiennes et sa signification eschatologique (rapprochement avec la Jérusalem céleste).

2.2 Rome, qui possède les corps des apôtres Pierre et Paul et de milliers de martyrs. Ce pèlerinage est donc axé sur le culte des reliques. Après un léger déclin à partir de la période carolingienne, il renaît de plus belle avec les jubilés déclarés par les papes dès 1300. Les itinéraires sont variables en plaine, mais se rejoignent pour la traversée des Alpes, qui se fait par deux cols, le Grand?Saint?Bernard et le Mont?Cenis.

2.3 Saint Jacques de Compostelle où le culte et le pèlerinage se développent dès le début de la Reconquista (Xe s.), favorisés par l'action convergente des autorités la~ques espagnoles (qui veillent à la sécurité et à l'état des routes) et des milieux ecclésiastiques (monastères, essentiellement clunisiens, le long de la route).
Il existe quatre itinéraires principaux, jalonnés de sanctuaires et d'hospices:
- Arles, Saint-Guilhem-le-Désert, Toulouse, col du Somport. - Le Puy, Conques, Cahors, Moissac.
- Vézelay, Nevers ou Bourges, Limoges, Périgueux.
- Paris, Orléans, Tours, Poitiers, Saintes, Bordeaux, Dax.
Ces trois dernières routes se rejoignent à Ostabat et retrouvent la première à Puente-la-Reina.

2.4 Les pèlerinages mariaux ne peuvent pas bénéficier, comme les précédents, de reliques corporelles (la foi en l'Assomption date du Ve s.), mais cherchent d'autres reliques (vêtements, ongles, cheveux, lait…) ou vénèrent des statues. Ils se développent surtout à partir du Xlle s., en lien avec l'essor du culte marial, appuyé par les Cisterciens, les Chartreux, etc. Parmi les grands sanctuaires figurent Chartres, Rocamadour, Notre?Dame du Puy.

2.5 Les pèlerinages à Saint Michel, en l'absence de reliques de l'archange, sont souvent nés d'une vision, comme au Mont?Gargan (Italie du Sud) ou au Mont?Saint?Michel, les deux plus célèbres. Le culte à saint Michel connaît un renouveau aux XlVe?XVe siècles, attesté par l'iconographie.

2.6 Il existe d'autres grands pèlerinages, en l'honneur de sainte Marie Madeleine à Vézelay et à Saint?Maximin, saint Benoît à Fleury, saint Martin à Tours, la sainte Larme à Vendôme, saint Nicolas à Bari, les Rois mages à Cologne, etc, ainsi qu'une multitude de pèlerinages locaux.

3. La route et l'arrivée

3.1 Les préparatifs : il faut se procurer de l'argent, mettre en ordre ses affaires, faire son testament, éventuellement trouver des compagnons de route ou bien, plus spirituellement, blanchir sa conscience. Infirmes et malades doivent aussi trouver un moyen de transport.

3.2 Le départ se fait au cours d'une cérémonie de bénédiction du pèlerin, de son costume (grande cape ou pèlerine) et de ses attributs (bâton ou bourdon, besace et calebasse pour la boisson).

3.3 Le pèlerin a un statut juridique particulier: il est protégé dans sa personne (ses agresseurs encourent de lourdes peines) et dans ses biens (garantis par l'Eglise). Il est exempté de tonlieux et de péages.

3.4 Le trajet: tous les moyens de transport sont bons, le plus fréquent restant la marche. Quoi qu'il en soit, I'arrivée et le départ doivent être faits à pied pour marquer l'aspect pénitentiel du pèlerinage. En revanche, les étapes de montagne se font généralement à cheval ou à dos de mulet, certaines abbayes prêtant des montures.

3.5 L'hébergement du pèlerin est un devoir de charité que rendent souvent les particuliers et toujours les monastères. Il existe aussi de nombreux hospices spécialisés, fondations laïques ou ecclésiastiques, où le pèlerin peut dormir une et parfois jusqu'à trois nuits, et où il est soigné voire enterré le cas échéant. Ces hospices ont toujours une chapelle et au moins deux salles, une pour les hommes et une pour les femmes. Des ordres religieux, celui de l'Aubrac ou celui de Saint?Jacques de l'Epée rouge, étaient spécialement consacrés à l'assistance aux pèlerins.

3. 6 L'arrivée au sanctuaire est marquée par:
- des rites pénitentiels (marcher pieds nus) ou symboliques (bain dans un cours d'eau par purification).
- des dévotions : toucher ou baiser le tombeau, veillée de prière dans l'église, "incubation" (il s'agit de dormir dans l'église près des reliques. C'est, semble-t-il, très favorable aux miracles).
- des offrandes : le plus souvent de l'argent ou de la cire pour les cierges. Les offrandes peuvent être représentatives: chaînes, béquilles ou objets en forme du membre guéri.
- I'acquisition d'un insigne (le plus connu étant la coquille de saint Jacques) qui a une triple fonction de souvenir, de témoignage et de protection. Ces insignes se multiplient à partir du XlVe siècle. Dans l'iconographie, on reconnaît la destination des pèlerins à ces signes: palme pour Jérusalem, coquille pour Saint?Jacques, "baisers de paix", etc..

Des guides ont été écrits dès le haut Moyen Age pour indiquer aux pèlerins les routes, les sanctuaires à visiter, les saints à y vénérer, les hospices, les dévotions à faire à l'arrivée. Le plus connu de ces guides est celui du Pèlerin de Saint Jacques de Compostelle, attribué à Aimeri Picaud, Xlle s (éd. moderne: Jeanne Vielliard, Mâcon, 1938).

4. Les abus

Ils ont de tout temps accompagné les pèlerinages. Le plus léger est le laxisme spirituel des "pèlerins touristes", souvent dénoncé par l'Eglise. " Ce n'est pas d'avoir été à Jérusalem, mais d'avoir bien vécu à Jérusalem qui mérite louange ", écrit saint Jérôme.

Mais il y a plus grave. Des "éléments douteux", jongleurs, aventuriers et prostituées, se mêlent aux grands rassemblement de pèlerins, les transformant en foire. Des hérétiques, des voleurs, des mendiants, attirés par le statut privilégiés des pèlerins ou par le bénéfice d'une charité systématique, prennent l'habit de pèlerin. Et l'on trouve même des pèlerins professionnels rétribués.

Quant aux pèlerinages de femmes, ils sont dénoncés comme sources d'abus dangereux pour la vertu, véritables incitations à la débauche et à la prostitution. On craint aussi les dérives des pèlerinages d'enfants.

 

Par landulphe - Publié dans : Vie Quotidienne
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Jeudi 1 mai 2008

La Formation du chevalier au Moyen-Age 


N'était pas chevalier qui veut ! Par contre, les personnes de petite naissance pouvaient aspirer à la chevalerie même s'il était peu fréquent qu'un paysan soit adoubé. La majorité des Chevaliers étaient nobles, ou fils de Chevalier.

Pour devenir chevalier, un personnage se doit d'être au service d'un seigneur, d'un noble, d'un ordre ou d'une cause juste. Le chevalier doit toujours placer l'honneur, la bravoure et l'abnégation de soi avant toutes autres valeurs et doit adhérer à un code de chevalerie

Tout chevalier avait droit de sacrer autant d'hommes qu'il le désirait. À l'origine, on adoubait le chevalier autant dans une cérémonie solennelle que sur les champs de bataille. Le futur chevalier était parrainé par un riche comte ou même le roi. C'est lors de l'adoubement que l'on remettait au nouveau chevalier, l'arnure ainsi que les armes qui lui serviraient sur les champs de bataille. Une fois armé, il sautait sur son cheval sans l'aide de ses étriers et démontrait ses talents au maniement des armes sur des mannequins. Il passait alors dans le monde des adultes.

L'église a, par la suite, fait de ce sacrement une cérémonie religieuse. Une veillée de prières précédait la cérémonie de l'adoubement et on baignait l'adoube. Lors de la cérémonie, le prêtre bénissait les armes du chevalier et par la suite, le chevalier lui-même. On ceignait le chevalier de l'armure et celui-ci dégainait trois fois son épée du fourreau. Le chevalier prêtait serment d'utiliser ses armes qu'on lui remettait pour le service de Dieu et la protection des faibles. Puis, l'adoubeur donnait un baiser de la paix suivi de l'accolade puis il frappait de la paume, le cou du chevalier. Cet acte était pour stimuler la foi du chevalier envers le Christ. Les nobles ajustaient alors ses éperons et sa bannière sur laquelle était inscrite des prédictions. Ensuite, il montait à cheval et prouvait son habileté de cavalier en renversant à coup de lance, des mannequins nommés “quintaines”. Pendant deux ans, il se devait de courrir les tournois afin de répandre le nom de la Maison dont il portait les couleurs.
Pour le chevalier, l'armure est bien autre chose qu'un simple moyen de protection, c'est un indicateur de statut social. Ainsi, le chevalier cherchera toujours à posséder l'armure la plus imposante et la mieux ouvragée. l'armure est un outil essentiel. À l'apparence, elle est donc systématiquement ornée de multiples décorations, blasons et autres marques rappelant la bravoure de son possesseur. Un chevalier comme tous les nobles possède un blason, une devise et autres signes distinctifs qui lui permettent de se faire identifier sur le champs de bataille. L'armure de plaques reste le choix favori du chevalier. Les armures en cuir ou en tissu étant réservées aux paysans.

Au Moyen Âge, membre de la chevalerie ou d’un ordre de chevalerie. On devient chevalier à la suite d’une longue éducation, que sanctionne une cérémonie rituelle : l’adoubement.

Les étapes de l’éducation

7 à 12 ans : Il est valet d’armes

12 à 16 ans : Il apprend à monter à cheval

16 ou 18 ans : Il est écuyer puis page

Enfin vers 20 ans, il est adoubé chevalier

Lorsque la chevalerie devint l’apanage de la noblesse, le rejeton d’une maison noble était placé chez un seigneur puissant et riche, pour le servir et recevoir une éducation essentiellement militaire. A partir de quinze ans, l’adolescent devenait écuyer. Il continuait à servir, avec des responsabilités accrues, et, surtout, il accompagnait son maître dans ses guerres. Parvenu à l’âge d’homme, vers vingt ans, il était armé chevalier, soit par son seigneur, soit par son père, à condition que ceux-ci soient déjà chevaliers.

L’adoubement d’un chevalier

Jusqu’au XIe siècle, l’adoubement (mot qui proviendrait du verbe francique dubban : frapper) est une cérémonie très simple, qui coïncide généralement avec une fête religieuse. Au XIIe siècle, il devient une cérémonie fastueuse et très populaire. Sacralisé par l’Eglise, l’adoubement devient un sacramental.

Le jeune écuyer voulant devenir chevalier est reçu au château de son futur vassal. Après un bain purificateur, le postulant se recueille et jeûne toute une journée. Il passe la nuit à l’église. Au matin, il assiste à la messe, communie et fait bénir son épée. Puis, revêtu des habits militaires propres à sa nouvelle condition. Il est alors emmené par des moines et des serviteurs qui lui donnent les dernières recommandations. Ces préparatifs ont pour but de laisser un temps de réflexion au postulant. Celui-ci doit être parfaitement sûr et libre de son choix. Son engagement est à vie et le serment qu’il prononce, inviolable.

Dans la salle principale du château, en présence de sa famille, des seigneurs voisins et de ses camarades, le jeune écuyer prête serment à son seigneur. Il lui promet fidélité et loyauté à vie. Il reçoit alors son épée, le symbole de son rang, des éperons symbolisant son droit à posséder et dresser un cheval, son bouclier et ses armoiries.

Pour clore la cérémonie, le futur chevalier reçoit la "colée" : une gifle dont il était d’usage de dire que c’était la dernière qu’il recevait sans la rendre. Il s’agit en fait d’un coup asséné du plat de la main sur le cou ou la nuque. La colée se transforme, à la fin du Moyen Age, en "accolade", coup donné du plat de l’épée sur l’épaule du futur chevalier. Cette paumée le consacre chevalier.

Des fêtes concluent la journée. Musiciens, jongleurs et acrobates envahissent la salle, pendant que tout le monde s’attable pour le banquet. La journée se poursuit dans la liesse, ponctuée de joutes et de passes d’armes, jusqu’au soir, où le nouveau chevalier quitte le château de son seigneur.

Le chevalier errant

Rite initiatique, l’adoubement implique aussi l’entrée dans une nouvelle classe d’âge. Jusqu’à son mariage, parfois tardif, le chevalier est qualifié par les textes médiévaux de « jeune ». Sous la conduite d’un chevalier expérimenté, avec quelques compagnons, récents chevaliers comme lui, il quitte le château seigneurial et erre de longues années à la recherche d’aventures, d’exploits, de tournois, de richesses et de femmes. Car prouesse et largesse dissimulent un intense appétit de gains et la quête de riches héritières capables d’assurer au « jeune » un train de vie et une position qu’il ne peut trouver au château paternel.

Pour éviter la dispersion des patrimoines, les lignages nobles veillent à marier leurs fils le plus tard et le mieux possible. Le fils aîné seul peut espérer hériter de la seigneurie lorsque son père ne sera plus en état de la gérer. En attendant, il mène cette vie d’errance ou s’engage dans des expéditions lointaines, comme les croisades, véritable aubaine pour ces jeunes instables et querelleurs. La littérature courtoise, qui trouve chez eux ses lecteurs, ou plutôt ses auditeurs, témoigne de leurs frustrations (d’argent, de femme) et leur propose des modèles conformes à leurs aspirations : le chevalier qui, par sa prouesse, a réussi à dénicher la riche héritière

 

Par landulphe - Publié dans : Vie Quotidienne
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Jeudi 1 mai 2008

Vie Quotidienne des Chevaliers 

L'entraînement à la guerre occupe beaucoup de temps de la vie d'un chevalier. 

Avec ses écuyers et, il s'exerce inlassablement aux armes dans la cour de son château fort. 

Bien souvent, deux hommes tirent un cheval factice, monté par le chevalier et celui-ci doit frapper la "quintaine" . 

Le "Rolland" (mannequin en osier, recouvert d'une armure représentant un ennemi) pivote sur un axe et le chevalier doit le frapper au plus près.

Le reste de son temps, le chevalier l'occupe à surveiller le travail de ses gens et bien sur, de jouir de son plaisir favori : la chasse à courre avec la meute de chiens, sur son domaine. 

Le gros gibier (cerf, sanglier, loup, renard, ours) ainsi rapporté, était consommé par le seigneur, grand mangeur de viandes.

La chasse au faucon (celui-ci attrape les lapins, les faisans et les oiseaux) était la plus difficile des chasses, car le dressage de cet oiseau de proie durait fort longtemps. 

A l'entraînement, il fallait leur mettre une laisse pour les empêcher de s'envoler, des grelots, pour les retrouver, un chaperon sur leur tête pour les faire tenir tranquille et une bourse de friandises pour les récompenser.

La chasse est un bon entraînement pour la guerre mais elle a également son utilité lorsqu'il s'agit de détruire des bêtes féroces qui menacent les récoltes, les animaux domestiques ou même les hommes. Tel est le cas du loup, très répandu pendant la période médiévale.

Pour les grandes occasions, le chevalier organisait des tournois ou l'on pouvait se battre pendant plusieurs jours. De grands festins accompagnés de musiciens enchantaient les invités.

Les chevaliers organisaient régulièrement des fêtes, au moins cent jours dans l'année. 

 

Chaque évènement dans la famille du chevalier (baptême, naissance, fiançailles, mariage et même décès) était une bonne occasion pour préparer une fête. 

On invitait toute la parenté et quelques vassaux ou amis. 

Ces jours-là, on se plaçait tous autour d'un grand banquet et on mettait ses plus beaux vêtements pour manger force viande et gibier.

Après le repas, les hommes invitaient les femmes pour un pas de danse pendant que les musiciens jouaient de leur instrument favori. Pendant l'été, il n'y avait pratiquement pas de fêtes car tous étaient occupés soit aux travaux des champs, soit à la guerre ou à l'entraînement militaire. 

Au contraire, pendant l'hiver, ils essayaient de faire durer les fêtes comme celle de noël qu'on pouvait célébrer pendant douze jours.

Les tournois.

Au Moyen-Age, tous les évènements devenaient prétexte pour organiser un tournoi et jouter. Même si les tournois et les joutes s'organisaient dans le respect absolu des adversaires, il arrivait souvent qu'un chevalier se blesse sérieusement ou meurt lors des tournois. Ils étaient principalement pratiqués par les jeunes nobles, récemment adoubés, fils de seigneurs qui les envoyaient apprendre hors de leurs terres les règles de la chevalerie avec leurs compères. Les tournois servaient à déterminer le meilleur chevalier et les vaincus remettaient armes et rancon au vainqueur. De plus, il arrivait qu'une dame remette sa manche à un chevalier afin qu'il se batte pour elle. Il remettait de ce fait les armes et les chevaux des chevaliers vaincus à la dame qui lui avait offert sa manche.

De nombreux cavaliers et nobles créèrent des ordres de chevalerie réunissant en confrérie les meilleurs tournoyeurs. Ceux-ci disposent d'appartements dans un château royal. Ils se doivent assistance réciproque en cas de besoin, et partagent une même foi religieuse. Les joutes et les tournois stimulent les armées, soutiennent le moral des soldats et encouragent, par une guerrière stimulation, les prouesses des chevaliers.

 

 

 

Par landulphe - Publié dans : Vie Quotidienne
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Jeudi 1 mai 2008

L'esprit de la Noblesse

Le véritable esprit de la noblesse vient d'abord du coeur et de l'esprit. Savoir comprendre les autres, être présent dans leur désarroi, être l'oreille attentive à ceux qui en ont besoin, s'abstenir des commentaires blessants ou passer des jugements sur les autres. C'est faire grand usage de la mesure dans ses paroles et propos.

C'est aussi ne pas faire de distinction entre le faible et le fort, le pauvre et le riche ; c'est se tenir loin de l'arrogant, du méprisant qui n'a jamais compris les autres. Cela peut aussi signifier se sentir aussi à l'aise avec le simple comme le flamboyant. C'est aussi aider (dans la mesure du possible) ceux qui en ont besoin.

Mais c'est aussi être un phare pour les autres. Essayer par tous les moyens d'enterrer nos défauts et de manifester nos qualités. C'est éviter la moquerie, le double language, les stupidités anonymes adressées à n'importe qui.

C'est déja beaucoup d'arriver à faire tout cela. Et il y aurait peut-être encore plus à faire !

Par landulphe - Publié dans : Vie Quotidienne
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Jeudi 1 mai 2008

Templiers, ils étaient….

 

Lorsqu’ils ne sont pas de service
(ce qui n'arrive que rarement) ou en train de manger leur pain en rendant grâces au ciel,
ils s'occupent à réparer leurs vêtements et leur harnais déchirés ou déchiquetés; ou bien ils font
ce que leur maître leur commande,
ou ce que les besoins de leur maison leur indique…

Les paroles insolentes, les actes inutiles, les rires immodérés, les plaintes et les murmures, s'ils sont remarqués ne restent pas impunis.
Ils détestent les échecs et les dés; ils ont la chasse
en horreur; ils ne trouvent pas dans la poursuite ridicule des oiseaux le plaisir accoutumé.

Ils évitent et abominent les mimes, les magiciens
et les jongleurs, les chansons lestes et les sorties.
Ils se coupent les cheveux ras, sachant de par l'Apôtre que c'est une ignominie pour un homme
de soigner sa chevelure. On ne les voit jamais peignés, maculés par leur harnais
et par la chaleur.

Tous les frères obéissaient au maître, et le maître obéissait à son chapitre.

Pauvreté, chasteté, obéissance: leurs trois voeux de moines régissaient aussi leur vie de chevaliers.
Les plaisirs de la table, du jeu ou de 1'amour leur étaient interdits.
Ils ne pouvaient embrasser amie, ni mère, ni soeur, ni parente.
Il ne leur était permis de chasser que le lion.
À la guerre, ils devaient accepter le combat à un contre trois et ne pouvaient lever I'épée contre un chrétien qu'après avoir été attaqués trois fois.
La règle de 1'Ordre organisait dans tous ses détails la vie rude du Templier.
Le moindre manquement à la discipline était sévèrement puni. Pour un cheval maltraité, une arme négligée, le coupable devait jeûner au pain et à 1'eau, manger par terre, et si des chiens venaient à vouloir manger avec lui, il ne devait pas les chasser.
Les fautes les plus graves — violation du secret du chapitre, sodomie ou lâcheté — étaient punies de la perte de 1'habit et de 1'exclusion.
Mais ces moines-soldats exemplaires devinrent vite par la force des choses banquiers, diplomates, navigateurs, éleveurs de chevaux, plaideurs.

Serment de Chevalier du Temple

Au nom de la Très Sainte, Bénie et Glorieuse Trinité et en présence des Chevaliers ici assemblés, par ceci et sur ceci, je promets et jure très solennellement de ne jamais révéler les secrets d'un Chevalier du Temple à quiconque n'aurait pas reçu ce grade, sauf à un Candidat à ce celui-ci, au sein d'une Préceptorie légitime de Chevaliers du Temple, et seulement lorsque j'y remplirai les fonctions de Précepteur régulièrement installé. Je promets, en outre, solennellement que je maintiendrai et défendrai fidèlement la sainte foi chrétienne contre toutes les attaques, non provoquées, de ses ennemis; que je ne ferai pas, même en colère, couler le sang d'un Chevalier du Temple, à moins que ce ne soit pour une juste guerre entre pays ou princes souverains; mais au contraire, je le défendrai, même au péril de ma vie, partout et chaque fois que sa vie ou son honneur pourraient être en danger; que je protègerai, dans toute la mesure de mes moyens, les parents et amis les plus proches et les plus chers de tout Chevalier du Temple, et leur éviterai, si possible, tout préjudice, péril ou violence auxquels ils pourraient se trouver exposés. Enfin, je promets très sincèrement d'obéir aux plus hautes autorités du pays où je réside ou pourrais résider; d'observer strictement et de maintenir les Anciens Règlements et Lois de l'Ordre ainsi que les Statuts du Grand Prieuré de France, et de répondre et obéir, autant que je le pourrai, aux convocations qui me seront envoyées. Tous ces points, je jure de les respecter fidèlement, sans hésitation, restriction mentale ou faux fuyant d'aucune sorte. Que le Christ m'aide et m'arme de fermeté pour tenir cette obligation solennelle.

 

Les dix commandements de la chevalerie.

I. Si on n’était pas chrétien, on ne pouvait devenir chevalier.
Le chevalier devait croire en Dieu et avoir confiance en lui.

II. Tu protégeras l’Église.
Cette règle est le cri d’armes du chevalier. Le chevalier devait servir et défendre l’Église.

III. Tu auras le respect de toutes les faiblesses et tu t’en constitueras le défenseur.
Le chevalier devait défendre tous les faibles aussi bien les prêtres, les femmes que les enfants.

IV. Tu aimeras le pays où tu es né.
Le chevalier devait aimer et protéger sa patrie

V. Tu ne reculeras pas devant l’ennemi.
Le chevalier devait être un homme brave. Mieux valait être mort que d’être appelé couard.

VI. Tu feras aux infidèles une guerre sans trêve et sans merci.
Cette règle invitait les chevaliers à combattre et haïr les païens.

VII. Tu t’acquitteras exactement de tes devoirs féodaux, s’ils ne sont pas contraires à la loi de Dieu.
Le seigneur devait protéger son vassal qui, en échange, était fidèle à son seigneur Le chevalier devait aider son seigneur lorsqu’il avait besoin d’aide.

VIII. Tu ne mentiras point et sera fidèle à la parole donnée.
Le chevalier ne devait en aucun cas mentir et le respect de la parole donnée allait aussi avec la franchise.

IX. Tu sera libéral et fera largesse à tous.
Le chevalier devait être courtois et sage pour tous. Il devait être aussi généreux.

X. Tu seras, partout et toujours, le champion du Droit et du Bien contre l’injustice et le Mal.
Le chevalier devait se faire le défenseur du Bien et le combattant du Mal.

 

Par landulphe - Publié dans : Les croisés
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Jeudi 1 mai 2008

Les Obligations des Pauvres Chevaliers du Christ

Texte inédit des Constitutions signées à Narbonne en 1117,
portant la première mention historique de l'Ordre du Temple qui fut officiellement constitué à Jérusalem en 1119.

 

A la gloire de Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, Dieu qui fut, qui est et qui sera de toute éternité. 

Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et pour ceci, il est sage de reconnaître que Dieu est le Dieu Bon comme le Dieu Bon est Dieu. 

Ce 13e jour du 12e mois appelé Tisri de l'an de grâce Mil cent dix-sept, faisant étape dans la plaisante cité de Narbonne au long de notre route vers la Sainte Jérusalem, Nous, Hugues de Payens et Geoffroy de Saint Omer, confortés par sept de nos compagnons, les illustres chevaliers Giambaptista de Bolandis, Pierre Despatis de Courteilles, Roland de Romer Villiers, Jean Petit de Grandjardin, André Dupuis de Sens, Didier-Ange de Tavernet et Pierre baron de Priestley, avons décidé de former une fraternelle communauté, cela pour le bien et l'utilité de tous nos frères en Jésus-Christ, pèlerins en Terre sainte, cela pour éviter discussions, échecs, soucis, dépenses et dommages provenant de désordres, agressions ou transgressions dans la protection de la route de la sainte Jérusalem. 

Pour que notre entreprise chrétienne soit valable en tout temps, nous, Hugues de Payens et Geoffroy de Saint Omer, en notre nom et au nom de nos sept valeureux compagnons, nous nous constituerons, dans un esprit fraternel, en Ordre du Temple dés notre entrée dans la sainte cité de Jérusalem, nous jurant d'observer fidèlement les règlements ci-dessous définis et cela pour nous-mêmes et pour nos successeurs. 

I. Celui qui désirera entrer dans notre Ordre devra promettre d'observer, comme nous, tous les points et articles qui sont mentionnés dans les présentes Obligations. 

II. S'il se présente un homme d'arme, un moine, un bourgeois milicien qui désirent rejoindre notre Ordre, on peut les accepter. S'il s'agit d'un seigneur , il sera reçu avec tous les honneurs dus à sa qualité, lui et les gens de sa maison. 

. III. Celui qui est sous la dépendance d'un Seigneur ne peut être accepté dans notre Ordre qu'avec l'assentiment de son Seigneur. 

IV. On ne doit pas accepter dans l'Ordre un chevalier ou un homme d'arme qui n'a pas communié dans l'année ou qui ne pratique pas, ou qui gaspille son avoir au jeu ou avec les femmes.
Si d'aventure un quelconque de cette catégorie avait été coopté, aucun chevalier, aucun soldat ne doit avoir de contacts avec lui jusqu'à ce qu'il ait changé de vie et subi une punition accomplie devant le Dieu Bon. 

V. Aucun chevalier ne doit vivre ouvertement en concubinage. Il ne peut par ailleurs commettre l'acte de procréation avec les femmes qui font partie des pèlerins dont il a la garde. S'il ne s'en abstient pas, aucun membre de l'Ordre ne doit rester dans sa troupe, ni avoir rien de commun avec lui. 

VI. S'il n'est pas chevalier, celui qui aura bien servi l'Ordre intérieur durant 1 an et qui est âgé de plus de 25 ans, sera promu au grade d'Ecuyer Novice. Après un noviciat de 3 ans, avec l'accord de ses frères en Jésus-Christ il sera ensuite élevé au titre de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte. 

VII. Les présentes Obligations, ainsi que les comptes de l'Ordre sont conservés dans deux livres. Le Chevalier qui a la charge des livres doit promettre à l'Ordre d'en prendre soin et de n'en laisser copie à personne, ni de les prêter à qui que ce soit afin qu'ils restent intacts. 

VIII. Le chevalier qui a la responsabilité des livres de l'Ordre doit les faire lire à ses frères une fois par an, lors de l'installation de plus vénérable d'entre eux. S'il vient un membre de l'Ordre qui désire connaître les dits comptes en tout ou en partie, il doit leur en faire prendre connaissance afin qu'il n'y ait aucune équivoque. 

IX. A tout chevalier qui dirige une troupe de pèlerins qui rejoint Jérusalem est dévolu le pouvoir juridique sur la troupe pour régler tous différents qui pourraient survenir entre les voyageurs ou pèlerins, Obéissance lui est due par tous ceux-ci. 

X. Si un chevalier qui dirige une troupe de pèlerins vient à mourir sans avoir achevé sa route et qu'un autre chevalier s'y attelle, celui-ci doit la mener à bonne fin sans l'abandonner à un troisième, et cela afin que ceux qui ont pris le chemin de la sainte Jérusalem sous la protection de l'Ordre ne se trouvent pas dans des frais exagérés qui porteraient préjudice à la mémoire du défunt ou de l'Ordre lui-même. 

XI. Le responsable d'une troupe de pèlerins et voyageurs n'a le droit de recevoir aucune rétribution pour le service qu'il dispense, outre le juste prix réclamé par l'Ordre pour les convoyer et protéger. Il ne dispose non plus d'aucun droit de cuissage et est tenu de respecter et de faire respecter les pucelles qui font partie du groupe de pèlerins, ceci au péril même de sa propre vie. 

XII. Si un homme pieu désire participer au service divin ou autre voyage à destination de la sainte Jérusalem, on doit l'accueillir. 

XIII. Si un pèlerin ayant entamé le voyage de la sainte Jérusalem venait à mourir, il faut que n'importe quel membre de l'Ordre se charge de l'ensevelir en terre chrétienne et de faire dire une messe en son honneur. Les frais en seront récupérés par la vente des bagages du défunt, à moins que sa famille, des proches ou amis s'en chargent. 

XIV. S'il arrive qu'une plainte soit portée par un chevalier contre un autre chevalier, par un compagnon ou un pèlerin, exception faite des simples voyageurs et des hérétiques originaires de Judée, cette plainte doit être portée devant l'illustre chevalier qui détient les livres de l'Ordre. Celui-ci précise les jours où les parties doivent être entendues et la cause sera jugée dans les lieux où ont été conservés les livres de l'Ordre. 

XV. Au cas où une plainte parvient au chevalier, il n'en doit pas prononcer seul une sentence mais s'adjoindre deux illustres membres de notre Ordre les plus proches. Ensemble, ils éclaireront la question et ils décideront souverainement de la sanction au nom du Dieu Bon. 

XVI. Dons et amendes doivent être versés dans les troncs de l'Ordre afin que le service divin soit d'autant mieux célébré. Il en est de même des frais du voyage des pèlerins et voyageurs à destination de la sainte Jérusalem. 

XV. Le dernier point est de toujours avoir bonne discrétion, comme vous pouvez le comprendre par bonne raison. 

 

Que le Dieu Bon Vous accorde sa grâce céleste, pour bien comprendre l'importance de l'Ordre, afin d'obtenir le ciel en récompense. 

Amen! Ainsi soit-il!
Gloire au Dieu Bon !

Par landulphe - Publié dans : Les croisés
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