Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 10:01

Le monastère au Moyen Age

 

La présence de l'Église dans le monde rural se fit de plus en plus sentir au Moyen Âge. En effet, si les campagnes étaient auparavant peu évangélisées, elles le furent entièrement au 11ème siècle, et ce, grâce aux moines.

Les moines apparurent au 5ème siècle, alors que des groupes de laïcs cherchant un refuge (rappelons-nous que le cinquième siècle est le temps des invasions) contre la brutalité de l'époque, n'étant pas bâtis pour les métiers d'arme et souhaitant étudier ou se consacrer à la prière entraient dans une communauté religieuse. Peu à peu, les monastères se développèrent. Au 12ème siècle, il existait déjà plus de 2000 monastères. Ces derniers étaient souvent bâtis sur des terres données par des seigneurs. Voici un exemple de charte par laquelle un seigneur laïc donne un lopin de terre aux moines de Cluny:

« Je fais cette donation suivant cette disposition particulière: que soit à Cluny, en l'honneur des saints apôtres Pierre et Paul, un monastère régulier; que des moines y vivent en commun suivant la règle de saint Benoît, et qu'ils possèdent ces biens, les tiennent, les gardent, les dirigent à jamais. Qu'ils ne négligent pourtant pas d'animer fidèlement de leurs louanges et de leurs supplications cette vénérable maison de prière; de mettre tout leur désir et toute leur ardeur à la recherche persévérante de l'oraison; d'adresser à Dieu des prières zélées, ferventes, insistantes pour moi et pour tous ceux dont le mémoire est énumérée plus haut. Que ces moines, avec tous les biens décrits ci-dessus, soient soumis au pouvoir et à la seigneurie de l'abbé Bernon: et lui, autant qu'il vivra, qu'il les dirige suivant la règle dans la mesure de sa compétence et de ses possibilités. »

 

Dans ces monastères , les clercs avaient pour tâche primordiale de prier et de copier des livres avec des enluminures. Pour devenir moine, il fallait prêter vœu de pauvreté, d'obéissance et de chasteté. De plus, les moines , en plus de transcrire des manuscrits, organisaient des exploitations agricoles rentables et prêtaient assistance aux gens dans le besoin. Être moine n'était pas de tout repos. Voici une journée type de ce dernier à l'époque médiévale.

 A 1h30, le moine se levait de sa paillasse, déjà tout habillé (c'est ainsi qu'il dormait), pour aller faire les matines (premières prières du matin). Après cela, il retournait se coucher. À 4h30 ou 9h (tout dépendant de la saison), c'était l'heure des laudes. Après cela, on lisait un chapitre de la règle bénédictine, on en profitait pour se confesser entre nous, on prenait le déjeuner et on se partageait les tâches (copier, travailler à la bergerie, travailler dans les champs, etc. ). Vers 11h, les moines se réunissaient à nouveau. Cette fois, il fallait se laver la tête et les mains, faire la lecture et manger. Notons que les bains étaient interdits. (On les associait aux plaisirs sensuels.) Si un moine finissait de manger avant les autres, il faisait alors une croix avec les miettes de pain qu'il lui restait. Après le repas, les moines retournaient au travail. Ils ne rentraient que vers 18h (les vêpres) pour prier à nouveau et pour manger. Ils ne mangeaient pas de viande, car ce plaisir était associé aux plaisirs de la chair. Seuls les malades et les vieux pouvaient en manger, car on les croyait plus ou moins enclins à ce genre de désir. Le coucher s'effectuait entre 19h30 et 20h. Le moine retournait alors au dortoir sur sa paillasse posée à même le sol (vœu de pauvreté oblige)... Quand l'un des moines était sur le point de mourir, les autres se rassemblaient autour de lui pour participer à la cérémonie de l'extrême onction. Après le décès, on plaçait le corps sur une table de pierre, on le lavait et on le déshabillait. Semblerait-il d'ailleurs que ce n'est qu'à ce moment que les frères de l'abbaye de Schönau en Allemagne, se seraient aperçus qu'ils avaient vécu aux côtés d'une sœur pendant des années. En effet, la femme, qui était auparavant partie en pèlerinage avec son père décédé lors du voyage, avait vu comme une chance le fait que l'abbé la prenne pour un garçon et l'accueille, elle qui se retrouvait alors sans dot!

Par landulphe - Publié dans : Religion
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Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 10:17

Le moine.

Est admis sans distinction, enfants, les jeunes gens et les adultes, les pauvres et les riches, les nobles et ceux qui sont de basses extractions, les esclaves et les hommes libres, les doctes et les ignorants, les laïques et les clercs.

Celui qui se présentait pour entrer dans le monastère n’était reçu qu’après de grandes épreuves. D’abords on le laissait pendant quatre ou cinq jours frappaient à la porte ; on lui en refusait l’entrée avec mépris, et on ne la lui accordait que lorsqu’il persévérait dans sa demande. Puis on le mettait pour quelque jours dans le logement des hôtes, ensuite dans celui des novices, ou il méditait, prenait son repas et son sommeil. On confiait sa direction a quelques anciens, propres a gagner les Ames, qui examiner avec soins toutes ses actions, pour savoir s’il cherchait Dieu avec sincérité, s’il se portait avec zèle à l’office divin, à l’obéissance et aux autres mortifications humiliantes. L’ancien l’avertissait aussi de toutes les peines qui se rencontrent dans le chemin du ciel. Si, après deux mois, le novice persévérait, on lui lisait la règle par ordre et de suite, en lui disant «  voilà la loi sous laquelle vous voulez combattre ; si vous pouvez la garder, entrez ; si vous ne le pouvez, retirez-vous librement. Au bout de six autres mois, on lui lisait encore la règle, et une troisième fois au bout de quatre mois.

Après un an de persévérance, on le recevait, s’il promettait d’observer tout ce que la règle ordonne. Il faisait sa profession dans l’oratoire, en présence de toute la communauté, promettant la stabilité, la conversion de ses mœurs et l’obéissance. Il rédigeait par écrit sa promesse, ou, si il ne savait écrire, quelqu’un, a sa prière, l’écrivait pour lui ; mais il l’a signait de sa main et la mettait sur l’autel. S’il avait quelques biens, il les distribuait aux pauvres avant de faire profession, ou les donnait au monastère par acte solennel, sans se réserver de rien du tout. Alors on le revêtait des habits du monastère, et on gardait les siens pour les lui rendre, s’il arrivait qu’un jour il en sortit. Néanmoins on ne lui rendait pas sa promesse, que l’abbé avait soin de retirer de dessus de l’autel ; elle devait être gardée dans le monastère. Si quelque personne noble offrait son fils à Dieu dans le monastère, et que l’enfant fut en bas âge, le père et la mère faisaient une semblable promesse, qu’ils enveloppaient de la nappe de l’autel, avec leur offrande et la main de l’enfant. Il ne lui était pas permis de lui rien donner, mais seulement au monastère, en forme d’aumône ou de reconnaissance. En ce cas, ils en faisaient une donation authentique, en se réservant,  s’ils voulaient, l’usufruit pendant leur vie. A l’égard de ceux qui étaient pauvres, ils faisaient simplement leur promesse par écrit, et présentait leur enfant et leur offrande en présence de témoins.

Pour ôter tout sujet de propriété, l’abbé donnait à chacun toutes les choses nécessaires, c'est-à-dire outre les habits et les chaussures, un mouchoir, une ceinture, un couteau, une aiguille, des tablettes et un poinçon pour écrire. La garniture des lits consistait  en une paillasse, une couverture de laine et un chevet. Chacun avait son lit, mais les moines couchaient tous en un même lieu, au moins dix ou vingt ensembles, si la communauté était nombreuse. Une lampe brûlait toute la nuit dans le dortoir, et il y avait toujours quelques anciens pour observer la conduite des autres. Ils dormaient tous vêtus, même avec leur ceinture, afin d’être toujours prêt à se lever pour l’office.  Il y avait une chambre particuliere pour les malades, et un religieux craignant Dieu, diligent et soigneux, pour les servir. On leur permettait l’usage de la viande et des bains toutes les fois qu’ils étaient à propos ; mais on n’acoordait que rarement le bain à ceux qui était en santé, principalement aux jeunes. Lorsqu’arrivait un hôte, le prieur ou le religieux venait le recevoir avec toutes sortes de charité t de respect. On le menait ensuite à l’oratoire, puis on lui donnait le baiser de paix. L’abbé donnait à laver les mains de l’hôte, et, tant lui que toute la communauté lui lavé les pieds après quoi l’abbé mangeait avec lui. L’abbé avait sa cuisine et sa table à part, pour être en état de recevoir à toute heure, sans déranger la communauté. Personne ne choisissait son travail, il était imposé par le supérieur ; et ceux qui savait des métiers ne pouvait les exercer qu’avec la permission de l’abbé et en tout humilité. Si l’abbé voulait faire ordonner un prêtre ou un diacre, il choisissait, d’entre les siens, celui qu’il en croyait digne. Mais le nouveau prêtre n’en était pas moins soumis à la discipline régulière et aux supérieurs. Que s’il était rebelle, il pouvait être châtié et même chassé du monastère, toute fois avec la participation de l’évêque. Il était défendu à tous les religieux de recevoir, sans l’ordre de l’abbé, ni lettres, ni présents de personne, pas même de leur parents, ainsi que de sortir sans sa permission de l’enclos du monastère. Les moines qu’il envoyer dehors se recommandait en ses prières et a celles de tous les frères. Lorsqu’ils étaient de retour, ils demeuraient prosternés en l’oratoire sur la fin de chaque heure de l’office, demandant à tous les frères leurs prières, pour obtenir de Dieu le pardon des fautes qu’ils pouvaient avoir faites durant le voyage. Il leur était étroitement défendu de rien dire de ce qu’ils avaient vu ou entendu au dehors. Pour ôter aux moines un prétexte de sortir du monastère, il devait être bâti de telles sortes, qu’on eût au-dedans, s’il était possible, toutes les choses nécessaires, l’eau, le jardin, le moulin, la boulangerie et des endroits commodes pour les métiers différents. La porte était gardée par quelque sage vieillard qui sût parler et répondre à propos. Il n’était pas permis à un religieux d’en défendre un autre ou de le prendre sous sa protection, fut-il son proche parent, ni de frapper ou d’excommunier quelqu’un de sa propre autorité. Cela regardait l’abbé ou celui auquel il en avait donné le pouvoir. Mais tous avait soin de veiller sur la conduite des enfants, et de les tenir sous une bonne discipline jusqu’à l’âge de quinze ans. Au de la de cet âge, personne ne pouvait les châtier sans le commandement de l’abbé. S’il se trouvait quelque moine désobéissant ou violateur de la règle, les anciens l’avertissait en secret une ou deux fois. S’il ne se corrigeait pas, on le reprenait publiquement devant tous. Si après tout cela il demeurait incorrigible, on l’excommuniait. Celui qui, pour quelques fautes légères, était privé de la table commune, il ne prenait son repas qu’après les religieux, à l’heure et en la quantité que l’abbé ordonnait. Mais celui qui était tombe en de grandes fautes devait être privé tant de la table commune que de l’office du chœur. Personne ne lui parlait, et il était déparé de tous, même dans le travail.  Celui qui était excommunié de l’oratoire et de la table commune pour quelques grandes fautes satisfaisait en cette manière : prosterné en terre devant la porte de l’oratoire durant la célébration du service divin, il gardait un profond silence ; mais, se tenant la tête contre terre et le corps étendu, il se jetait aux pieds de tous ceux qui en sortaient ; ce qu’il continuait jusqu'à ce que l’abbé jugeât qu’il avait satisfait.

L’abbé qui devait gouverner le monastère était choisi par toute la communauté. Que si la communauté choisissait une personne qui en dissimulât les vices, l’évêque diocésain, les autres abbés, ou même les chrétiens du voisinage, devait empêcher ce désordre et procurer un digne pasteur. L’abbé choisit, il devait être instruit de la loi de Dieu, charitable, prudent, discret ; montrer en tout l’exemple, et n’être que l’exécuteur de la règle pour la faire garder fidèlement. Au-dessous de l’abbé, il y avait un prieur ou un prévôt et plusieurs doyens. Le prieur était ordonné par l’évêque ou par l’abbé ce qui lui donner sujet de se regarder comme second abbé. Ensuite les doyens étaient établis pour veiller sur dix moines, au travail et à leurs autres exercices, et soulager l’abbé qui ne pouvait être partout. On les choisissait pour le mérite.

Ensuite vint le cellérier, l’infirmier, l’hôtelier, le portier. Le cellérier avait la garde de toutes les provisions et de tous les ustensiles, et distribuer à chacun, suivant l’ordre de l’abbé, ce qui lui était nécessaire pour les besoins de la vie ou pour le travail.

 

Par landulphe - Publié dans : Religion
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Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 10:20

La cuisine

 

La cuisine des masses est constituée de beaucoup de plats mijotés.
Les épices sont très utilisées : le poivre long est par exemple un ingrédient important de la cuisine de Taillevent et plus généralement le poivre tout court. .
Les sauces qui accompagnent les plats sont très légères.
Les menus s’organisent autour de trois temps : le potage, le rôt et éventuellement l’entremets. Les potages sont cuisinés dans des pots comme leur nom l’indique. Le service des rôts se compose de volailles rôties pour l’essentiel. Des oiseaux utilisés dans la cuisine de l’époque ont aujourd’hui disparu des tables : cygnes, paons ou cigognes. Si les couleurs sont appréciées, la plupart des plats sont bruns (« sorés » dit-on).
La conservation des aliments fait des progrès : on sait «confire» c’est-à-dire conserver un aliment en le faisant mariner soit dans le sucre ou le miel, soit dans le sel ou le vinaigre.

Les boissons
Le raisin est cultivé très haut ; sa qualité ne lui permet pas de vieillir longtemps. Les vins méditerranéens, doux et puissants, sont plus alcoolisés. Autres boissons, le cidre et la bière ; la cervoise est une bière rudimentaire : « il suffit de faire germer un peu de céréales, en général de l’orge, qui pousse assez aisément dans les climats du nord, ou de l’avoine (…), puis de faire sécher ce malt pour arrêter la germination avant de le concasser et de le laisser fermenter avec de l’eau pure ». Le houblon est bien sûr utilisé dans la bière. Les tavernes sont le lieu par excellence de la consommation de boissons. A Paris, on en compte un pour 400 habitants vers 1313. La taverne est bien souvent le lieu de rixes très violentes qui finissent parfois par la mort.

Dans la haute société
Dans les banquets de la haute société, il y avait beaucoup de viande. Les Anglais par exemple apprécient les bœufs. Les épaules de mouton farcies et dorées, comme les appelle le chef du duc de Savoie, constituent par exemple un morceau de choix. Le noble est également friand de volatiles qui comptent parmi les viandes les plus chères.
Le poisson est largement consommé en raison notamment du nombre de jours maigres dans une année de chrétien et, de plus, une trop forte consommation de viande est considérée comme un pêché de gourmandise. Ainsi, les rivières sont surexploitées. Le hareng abonde dans les mers du nord ; le terme Hering évoque cette masse et ce pullulement. Les harengs sont entreposés dans des tonneaux puis salés pour les conserver.
Parmi les poissons les plus prisés, citons le premier esturgeon de lait qui est donné comme cadeau à une personne riche ; il vaut l’équivalent d’un cheval ou d’un bœuf.

Se comporter à table
Le service à la française est le plus usité. Il consiste à apporter successivement les mets dès qu’ils sont consommés au contraire du service à la russe où les convives partagent la même succession de plats. Les entremets sont des moments favorables à la conversation, situés entre deux services. Beaucoup d’entremets restent des décors posés sur la table. De plus en plus souvent, les entremets sont agrémentés de spectacles : « on cherche le spectaculaire : le dernier soir de ses noces, Charles le téméraire voit venir en lui deux géants escortant une énorme baleine, dont les yeux sont faits de deux immenses miroirs ; elle est si grosse que jaillissent de sa gorge deux sirènes puis douze chevaliers qui entament immédiatement une danse frénétique avant de retourner dans les entrailles de l’animal. En comptant les assistants chargés de le faire mouvoir, le cétacé accueillit ce soir-là plus de 40 personnes ».

Le lieu du repas dans la haute société est séparé du lieu de sa consommation ce qui n’est pas le cas chez les pauvres.
On met la table avant le repas en posant effectivement une planche sur des tréteaux.
Autre tradition, celle qui consiste à rassembler la nourriture non consommée à destination des pauvres (aumône) ou d’inviter des pauvres à sa table. Les aliments recueillis sont placés dans un objet richement décoré appelé nef qui sert aussi à poser les couverts.
Parmi les couverts justement, le couteau est assez répandu au contraire de la fourchette (son usage par une princesse byzantine au Xe siècle fit scandale), gobelets et écuelles forment le reste de la vaisselle.

La différence entre une table de riche et une table de pauvre réside dans la blancheur et l’épaisseur de la nappe et dans les objets qui accompagnent le repas. Les tablées de nobles se doivent de respecter une certaine tenue. L’auteur raconte à ce sujet une anecdote très amusante :

« le florentin Giovanni Cascio s’est trouvé apparié avec un certain Noddo d’Andrea « très gros mangeur , qui s’est toujours moqué que les aliments fussent très chauds » : « on aurait dit qu’ils dégringolaient au fond d’un puits quand ils se les envoyaient au fond du gosier ». Or ce jour-là, on sert des macaronis « absolument bouillants ». Noddo en « avait déjà descendu six bouchés que Giovanni tenait encore sur la fourchette la première bouchée et, la voyant dégager tant de fumée, n’osait pas l’approcher de sa bouche ». Refusant que toute sa part aille à ce commensal indélicat, Giovanni imagine un curieux stratagème : « Dès que Noddo prenait une bouchée, lui en prenait une autre et la jetait au chien, par terre. » Furieux de ce gâchis, le goinfre accepte de manger plus lentement et même plus lentement que son voisin de table. »

Nourrir le prince est la tâche des nombreux officiers spécialisés de l’hôtel. Un traité écrit par Olivier de la Marche qui décrit le protocole pour Charles le Téméraire est resté fameux.

Le peuple
Les paysans et la grande masse des urbains s’alimentent pour l’essentiel de pain et de soupes : le pain, le vin et le « companage » c’est-à-dire ce qui accompagne le pain. Le pain séché devenait des tranchoirs servant d’assiettes. Le bon grain n’est pas toujours séparé de l’ivraie ce qui explique l’apparition de maladie avec des symptômes semblables à l’ivresse. L’ergotisme est lui dû à un parasite installé dans l’épi de seigle.
Les fromages sont plus gras qu’aujourd’hui.
Le paysan dispose du four banal ce qui explique la rareté des fours dans les maisons. Un foyer rural ne dispose généralement que d’un chaudron de métal. La cuisson à l’étouffée dans le monde méditerranéen a conduit à l’usage d’instruments nouveaux : tian provençal ou tegamu sicilien. La poêle est fréquente, souvent citée dans les testaments du Lyonnais. .

Les moines
Les moines doivent selon la règle de Saint-Benoît manger correctement ; la viande leur est interdite (sauf à l’infirmerie, du coup très fréquentée) et il fallait attendre 15 h soit none pour commencer à manger. Benoît XIII finit par autoriser une certaine quantité de viande. Le repas unique s’accompagne d’une collation prise dans l’après-midi et qui se fait en même temps qu’une lecture Des Collationes de Jean Cassin d’où le nom de collation pour désigner ce moment. Le moine ventripotent et fort buveur est désigné dans les poèmes satiriques. L’ordre
cistercien revient à un régime à base de poissons et de légumes, conforme au désir de l’ordre de revenir à l’essence de la règle bénédictine.
Le moine prend ses repas au réfectoire, dans un silence seulement interrompu par des lectures ; la communication se fait par un langage des signes.
Les grandes mystiques ressemblent d’après l’auteur aux anorexiques d’aujourd’hui : Catherine de Sienne, canonisée en 1461, se prive d’eau pendant un mois et meurt, squelettique et terrassée par la souffrance.

Pratiques religieuses
Le jeûne est une des causes de la forte consommation de poisson. C’est une pénitence. Le premier repas est pris dès l’époque carolingienne vers none, la neuvième des heures du jour ; celle de la mort du Christ d’où l’expression anglaise d’afternoon. La quarantaine, période de 40 jours avant Pâques, est appliquée vers le IVe siècle. Le castor est la rare viande mangeable pendant le carême en raison du caractère amphibie de l’animal.
Chez les juifs, le repos du shabbat n’autorise aucune activité culinaire. Parmi les produits kasher, relevons les quadrupèdes qui n’ont pas la corne du pied complètement fendue ou qui ne ruminent pas. Parmi les poissons, ne sont retenus que ceux qui possèdent à la fois écailles et nageoires, excluant les anguilles. Le sang mêlé à la chair est prohibé comme la graisse ou le fruit d’un arbre planté depuis moins de trois ans. La préparation des aliments répond également à des critères précis : la viande ne doit pas être mélangée au lait.

Les philosophes médiévaux de la nature ont emprunté à l’antiquité l’idée selon laquelle l’Univers s’ordonne verticalement depuis dieux jusqu’aux objets inanimés. Les aliments se trouvent entre. Leur hiérarchie dépend ensuite de leur lien avec les autres éléments.

Les malades, les femmes et les enfants
Le régime des malades est varié selon le type de maladie. Les lépreux mangent riche : on peut leur servir dix miches de pain blanc par semaine. En tout cas, leur apport quotidien dépasse largement les 4 000 calories.
La nourriture absorbée par les nouveau-nés est également codifiée : le premier aliment qu’intègre le bébé est un peu de miel avec lequel on frotte son palais. Sept fois par jour, il reçoit la tétée. Très tôt, le lait s’accompagne de bouillie ce qui permet au père de participer. La bouillie est souvent administrée trop tôt : elle provoque des vomissements, des diarrhées et une déshydratation qui peut être fatale. Les premières bouillies semi liquides sont faites de lait, farine, miel et vin. Le lait alternatif est celui de la chèvre. Les douceurs deviennent très vite un élément important de l’alimentation : « pour enseigner l’alphabet, la mère fait prononcer les lettres qu’elle donne ensuite en récompense sous forme de gâteaux confectionnés à leur image ».
Plus tard, les adolescents intégrés dans les collèges mangent un potage de légumes chaque jour.
La femme ne doit pas trop manger, exception faite du moment où elle attend un enfant. C’est elle qui cuisine dans l’immense majorité des cas mais la cuisine professionnelle et artistique reste l’apanage des hommes. Autour des rois, le monde des cuisines royales est uniquement composé d’hommes et c’est un milieu très hiérarchisé. Guillaume Tirel dit Taillevent est un cas exemplaire. D’origine normande, il débute dès 1326 comme enfant de cuisine de Jeanne d’Evreux, femme de Charles le Bel puis travaille pour Philippe VI 20 ans plus tard. Il termine sa carrière auprès du roi Charles VI.

Par landulphe - Publié dans : Vie Quotidienne
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Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 10:23

L’école au Moyen Age

Au Moyen-Age, les enfants n’apprenaient pas tous à lire et à écrire. Beaucoup d’enfants de paysans devaient aider leurs parents dans leur travail. Les enfants des familles riches étaient généralement plus instruits que les autres, mais au cours du Moyen-Age des écoles gratuites ont été créées et des enfants de familles modestes ont pu en profiter.

Au début du Moyen-Age, la plupart des écoles se trouvaient dans les monastères. A la fin du VIIe siècle, Charlemagne a encouragé la création d’écoles en dehors des monastères, il souhaitait qu’un plus grand nombre d’enfants puisse apprendre à lire, à écrire, à compter et à réciter des prières. Les enfants des monastères étaient pensionnaires : ils étaient confiés aux moines pour quelques années, le temps de savoir bien lire, compter, chanter et réciter les prières. Les parents donnaient aux religieux de l’argent et parfois des terres pour qu’ils prennent bien soin de leur enfant et se chargent de son instruction. Les élèves des petites écoles apprenaient seulement l’essentiel : la lecture, le calcul et parfois l’écriture. Généralement, ils n’étaient pas pensionnaires : ils arrivaient tôt le matin, avec leur déjeuner dans leur panier et rentraient chez eux le soir. Les petites écoles étaient dirigées par des prêtres qui en principe enseignaient gratuitement. Ils accueillaient beaucoup de jeunes enfants destinés à devenir clercs (religieux) et aussi des élèves pauvres ou de futurs commerçants. Certains enfants entraient au monastère pour toujours parce que leurs parents voulaient qu’ils deviennent moines, dans ce cas les moines acceptaient d’accueillir les enfants pauvres qui pouvaient ainsi être instruits et échapper définitivement à la misère. Les garçons y étaient admis vers 6 ou 7 ans et les moines leur apprenaient la lecture, le calcul, le latin, le chant et parfois l’écriture. Les petites écoles ne se sont développées qu’à partir des XIe-XIIe siècles, et surtout dans les villes. A cette époque en effet, les artisans et les marchands ont attaché davantage d’importance à l’instruction de leurs enfants : pour exercer un métier dans le commerce, il était devenu indispensable de savoir lire, écrire et compter. Les petites filles, elles pouvaient aller dans des monastères de femmes où les religieuses (les moniales) leurs enseignaient en plus la couture et la broderie.

Par landulphe - Publié dans : Vie Quotidienne
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Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 10:24

Être une femme au Moyen Age…

Une femme maquillée va tout droit en enfer…
Ange ou démon ? Le Moyen Age ne cesse de s'interroger sur la place à leur donner dans la société. Le siècle de Jeanne d'Arc est celui de la première "Querelle des femmes" qui oppose les misogynes aux champions de l'amour courtois. Pour les uns, une "honnête femme est aussi rare qu'un cygne noir", selon la formule de Jean de Meung, auteur de la seconde partie du célèbre Roman de la Rose (1280). Pour les autres, les dames sont les inspiratrices des plus nobles vertus.

La tradition chevaleresque des siècles précédents revit dans cet ordre de "L'Écu vert à la Dame blanche" que fonde en 1399 le maréchal Boucicaut pour "défendre les dames envers et contre tous dans leurs justes querelles".
L'année suivante, le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, préside à la création de la fameuse "cour d'Amour" qui débat de casuistique amoureuse et se réunit à la Saint-Valentin pour un tournoi poétique en l'honneur des dames. Ces initiatives restent cependant sans grande prise sur la réalité de l'époque. La foule se rassemble pour voir passer le cortège du "prince d'Amour et de ses galants musiciens", mais la "vénération" des dames demeure lettre morte pour le peuple comme pour les bourgeois.
La poétesse Christine de Pisan (qui meurt à peu près en même temps que Jeanne d'Arc) est la première "féministe" à dénoncer l'inégalité des sexes. Ainsi, elle soutient que "si la coutume était de mettre les filles à l'école, elles comprendraient subtilités d'art et de science comme il faut".
Les hommes entretiennent les femmes dans une ignorance dont ils osent ensuite se gausser ! Tout le savoir d'une femme doit se borner à tenir une maison et à obéir à son époux. Deux choses sont essentielles pour elle : "la salvation de l'âme et la paix du mari" ; la première passe d'ailleurs par la seconde car seules les femmes soumises gagnent le Paradis !
Il faut se méfier des séductions de la mode et éviter d'attirer les regards. Pas de décolleté trop hardi, de corsage ajusté ou de hennin démesuré ! Dans la rue elle doit marcher "la tête droite, les paupières basses, la vue droit devant soi quatre toise et à bas terre, sans regarder homme ou femme qui soit à droite ou à gauche" ! Ces préceptes austères ne sauraient malgré tout dissimuler une relative liberté des mœurs. Une femmes maquillée est "damnée sans rémission"., tandis que celle qui avoue avoir "dix ou douze fois couché avec son écuyer" ne risque que le Purgatoire !
Pour conjurer le péril féminin, la société médiévale reprend la tradition du "harem" islamique et du "gynécée" grec. La "chambre des dames", au plus secret de la maison, est un domaine réservé, jalousement gardé par une veuve de la parenté (et non l'épouse du maître de maison, souvent trop jeune).
Le temps se passe en travaux d'aiguille. Seuls les hommes de la famille y ont accès. Ils y viennent après souper se faire masser, peigner ou épouiller. Entre la paysanne accablée de besognes et d'enfants et l'épouse d'un commerçant aisé, l'abîme est immense. C'est au nom de toutes cependant que l'humaniste Jean de Montreuil fait dire à l'une de ses héroïnes : "Ainsi nous, femmes innocentes, nous serons toujours maudites par ces hommes qui se croient tout permis, et au-dessus des lois, tandis que rien ne nous est dû (…) Nous ne sommes pas des compagnes mais des captives ou des esclaves achetées… Ils sont sévères pour les autres et indulgents pour soi : ce sont des juges iniques".
"Et qui niera que, de quelque valeur qu'il soit, ce confort ne doive être donné bien plus aux dames amoureuses qu'aux hommes ? Au fond de leur délicates poitrines, tremblant et rougissant, elles tiennent cachées les amoureuses flammes, lesquelles ont bien plus de forces que celles qui sont apparentes, comme le savent ceux qui ont éprouvé et en éprouvent encore les atteintes. En outre, restreintes dans leurs volontés et dans leurs plaisirs par les ordres des pères, des mères, des frères et des maris, elles restent la plupart du temps renfermées dans l'étroite enceinte de leurs chambres, et, s'y tenant quasi oisives, voulant et ne voulant pas en une même heure, roulent des pensers divers qui ne peuvent être toujours gais. Et si quelque mélancolie, mue par un désir de feu, survient en leur esprit, il faut qu'elles l'y gardent à leur grand ennui, à moins qu'elle n'en soit chassée par des propos nouveaux… Donc, afin que par moi soit en partie corrigée la faute de la fortune… j'entends raconter cent nouvelles."
Condition des femmes au Moyen Age

Par landulphe - Publié dans : Vie Quotidienne
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Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 10:27

Le consentement des deux conjoints est nécessaire.

La cérémonie est sacralisée, bénie par un prêtre (mais il peut y avoir des exceptions).

Pour protéger la femme contre son mari, il est ordonné à celui-ci de lui constituer un douaire, un capital, dont le montant est fixé au tiers ou à la moitié de ses biens selon les régions.
A la mort de la femme, le douaire revient aux enfants de son époux, même si elle est remariée.

La répudiation est interdite.

L'adultère est sérieusement condamné.

Le divorce n'est autorisé qu'en trois cas après une enquète de moralité effectuée par un prêtre et la consultation de témoins :

- la stérilité ou l'impuissance ;
- la consanguinité étendue au 7° degré de parenté ;
- l'ordination ultérieure de l'un des conjoints (de nombreuses femmes furent obligées d'entrer au couvent à une certaine époque. Charlemagne, pour former des alliances, n'hésita pas à utiliser ce procédé).

En Ecosse, la cérémonie peut se passer de la bénédiction d'un prêtre. Il suffit que les deux conjoints affirment devant témoins être mari et femme pour que le mariage soit effectif.

Les droits

Les femmes du petit peuple et les bourgeoises jouissent d’une assez grande liberté. Majeures à douze ans, elles sont libres de gérer leurs biens, de se marier, de voter même !
Bien des métiers leur sont accessibles.
Pour la femme noble, il en va tout autrement.
Dans l'univers violent, agressif, essentiellement viril des châteaux, elle ne compte guère. Son sort est lié à la terre, seule garantie du pouvoir. Ainsi est-elle une monnaie d'échange pour les seigneurs qui désirent accroître leurs biens et assurer une descendance.
Les fillettes sont promises parfois dès leur naissance à des hommes souvent bien plus âgées qu'elles. Leur rôle est pourtant non négligeable puisqu'en l'absence de leur époux qui, lorsqu'il n'est pas en guerre, s'adonne à la chasse, c'est à elles de gérer et d'administrer leurs biens.

Par landulphe - Publié dans : Vie Quotidienne
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Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 10:28

L'amour courtois 


On ne se marie jamais au mois de mai. Lors des fêtes de mai, garçons et filles se réunissent pour chanter et danser dans les prés.
Pour célébrer le retour du printemps, les hommes et les femmes se courtisent librement.
Les jeunes gens élisent leur reine, une femme mariée, qui se choisit un partenaire autre que son " jaloux " de mari.
Dans les châteaux les liens du sang et de la parenté sont renforcés. La femme règne en maîtresse sur le petit monde des chevaliers et des écuyers, célibataires. On aime se distraire et les fêtes sont nombreuses: mariages, tournois, adoubements,…

Le prestige de la DAME, l'épouse du seigneur est considérable dans le coeur des guerriers. Elle cristallise leurs rêves, leurs désirs, leurs espoirs. Le chevalier doit se montrer prêt à mourir héroïquement pour son amie, alors que celle-ci est censé le protéger par son amour et lui inspire vaillance et courage.
Mais l'union des cœurs devient le principe de toutes les vertus.
L'amour devient un art, une mystique, une exaltation de l'âme et une délicieuse souffrance.

Pour les nobles, L'amour est obligatoirement adultère.
Les mariages nobles n'étant pas une affaire de sentiments, la passion ne peut être trouvée qu'ailleurs. L'échange des cœurs, la fidélité promise, n'engage alors plus les biens, mais les personnes.
L'amour exige le secret, pas seulement pour son caractère adultérin, mais aussi parce qu'il est une chose trop grave pour être divulgué.
La dame est toujours de condition supérieure à celle de son amant, un chevalier célibataire.
L'attitude de ce dernier, calquée sur le système féodal, doit être pleine d'humilité, de réserve et de soumission. Il est son " homme-lige ", son vassal, d'une loyauté et d'une fidélité sans faille.
En retour, la dame et l'amour ont le pouvoir d'inspirer au chevalier toutes les vertus, valeur morale et parfaite courtoisie.
[Croyance : seul l'amour peut mener l'homme à la perfection morale puisqu'il engendre et développe toutes les vertus.]
La dame est lointaine, inaccessible, nimbée de mysticisme.
Dans sa conquête amoureuse, le chevalier est confronté à des obstacles, des épreuves ; ce peuvent être : le mari jaloux, l'éloignement de la personne,… Il faut être prêt à mourir pour l'élue. En retour, la dame accorde à son amant un baiser, une étreinte, ou la joie d'admirer sa nudité.
La chasteté est la fois l'épreuve et la récompense suprême : la petite cérémonie de l' assag (l'essai). Elle donne à la dame le moyen de vérifier dans qu'elle mesure son ami est capable de la respecter, alors que, couché à côté d'elle, il est dans une situation extrêmement tentatrice.
Tous les subterfuges érotiques sont autorisés, à condition de ne pas en venir au fait (baisers, étreintes, caresses).

Par landulphe - Publié dans : Vie Quotidienne
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Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 10:30

TITRES ET QUALIFICATIONS DE LA NOBLESSE EN FRANCE

DUC

Autrefois on ne pouvait porter que le titre qui était attaché à la terre dont on possédait la seigneurie. Comme les fiefs titrés furent longtemps en petit nombre, la plupart des gentilshommes n'avaient que les qualifications de seigneur, dominus; d'écuyer, armiger; de damoiseau, domicellus; ou la dignité personnelle de chevaliers, miles.
Au XVe siècle, nos rois commencèrent à multiplier les érections de terres en marquisats, comtés ou baronnies. Dans l'origine, les lettres patentes ne spécifiaient point, la réservation du fief titré à la couronne, ou défaut d'hoirs mâles; mais, pour arrêter autant que possible l'augmentation de leur nombre, cette réversion fut formellement ordonnée par un édit de Charles IX, en 1564. Les successeurs de ce prince y dérogèrent presque toujours par une stipulation expresse; lui-même en avait donné souvent l'exemple. Le nombre des terres titrées s'accrut de jour en jour.
L'ambition impatiente ou déçue se lassa d'attendre la faveur royale, et l'usage de prendre des titres à volonté s'introduisit peu à peu sous le règne de Louis XIII. Il devint presque général sous Louis XIV.
M. le duc de Fezensac raconte, dans son histoire de la maison de Montesquiou, publiée en 1837, que ses ancêtres de la branche de Marsan s'étaient toujours contentés de s'appeler seigneurs; que son grand-oncle prit le premier le titre de comte de Marsan, et son aïeul celui de comte de Montesquiou. Un paysan, qui passait un acte avec ce dernier, prit la qualité de seigneur; interrogé par M. de Montesquiou, qui manifestait son étonnement, le villageois répondit: "Je suis seigneur comme vous êtes comte".
Pour mettre un frein aux usurpations de titres, un arrêt de la cour du parlement de Paris, du 13 août 1663, fit défense à tous les propriétaires de terres de se qualifier barons, comtes, marquis, et d'en prendre les couronnes sur leurs armes, sinon en vertu de lettres patentes bien et dûment vérifiées en cour; à tous gentilshommes de prendre la qualité de messire et de chevalier, sinon en vertu de bons et valables titres; et à ceux qui ne sont point gentilshommes de prendre qualité d'écuyers, à peine de 1500 livres d'amende. Cet arrêt fut confirmé par diverses déclarations du roi, notamment par celle du 8 décembre 1699, qui le rend exécutoire dans les provinces d'Artois, de Flandre et de Hainaut, nouvellement réunies à la Couronne, et qui ajoute une amende de cinquante florins pour les nobles, de cent pour les roturiers qui auront usurpé les qualités de marquis, comte, baron et autres.
La négligence qu'on mit à faire exécuter ces défenses laissa accroître le mal à un tel point, que M. de Clairambault, généalogiste des ordres du roi, écrivait le 8 juin 1748 à M. le Tourneur, premier commis de la guerre : "La question que vous me proposez par votre lettre du 6 de ce mois, sur le titre de marquis pour M. de Brehan, me paraît un scrupule nouveau; car ce titre, ainsi que celui de comte ou de baron, sont devenus aussi prodigués et aussi communs pour les militaires, que celui d'abbé pour tous les ecclésiastiques sans abbaye; il est vrai que ces titres, n'étant pas soutenus de leurs vrais fondements, qui sont des lettres patentes d'érection, registrées soit pour le sujet, soit pour ses ancêtres, ne sont utiles que pour les adresses de lettres et les conversations avec des inférieurs; ainsi, je crois, monsieur, que vous pourrez faire là-dessus tout ce que bon vous semblera; l'abus en est si grand depuis longtemps, qu'il serait à présent bien difficile de le réformer. Quoique, dans la règle, je ne dusse passer dans les preuves de MM. les chevaliers des ordres aucun de ces titres de comtes, marquis et barons, etc., qui ne sont pas revêtus de lettres patentes registrées, je me trouve souvent obligé de suivre le torrent, parce que de le refuser à un lieutenant-général, quand il est ainsi qualifié dans ses prévisions, ce serait sembler vouloir le dégrader et me faire une affaire personnelle; cependant cela est, je vous l'avoue, contre toutes règles, de même que les couronnes qu'ils mettent à leurs armes, en conséquence de ces titres imaginaires. Votre question me rappelle un bon propos sur ce sujet : un marquis de l'espèce dont il s'agit, mécontent des plaisanteries d'un quelqu'un, s'échauffa jusqu'au point de le menacer de l'aller chercher et de le trouver dans quelqu'endroit qu'il pût se cacher; le plaisant l'en défia en lui disant qu'il connaissait un endroit où certainement il ne pourrait pas le trouver. - Et quel peut être cet endroit? dit le marquis. - C'est dans votre marquisat, répondit le plaisant.
Ainsi, dès l'année 1748, et de l'aveu de Clairambault, l'abus était devenu, sinon impossible, du moins très-difficile à réformer; et lui-même, généalogiste des ordres du roi, était souvent obligé de suivre le torrent. Un usage qui s'introduisit dans les admissions aux honneurs de la cour, sembla justifier les usurpations en les régularisant en certains cas. Le premier gentilhomme de service, chargé d'introduire la personne présentée, la nommait à haute voix en lui donnant la qualification qui se trouvait portée dans le certificat du généalogiste; et si l'impétrant n'avait pas eu jusqu'alors de titre, il en choisissait un parmi ceux de marquis, comte ou baron, celui de duc excepté. Cette qualification restait personnelle, il est vrai, au gentilhomme admis aux honneurs de la cour; à moins qu'il ne se pourvût en obtention de lettres patentes, et qu'il ne payât le droit de marc d'or prescrit par l'édit royal du mois de décembre 1770. Mais les déclarations et arrêts n'étaient pas mieux suivis sur ce point que sur les autres; et presque toujours les fils conservèrent les titres que leurs pères avaient ainsi obtenus, ou ne s'en dessaisirent que pour les changer contre d'autres plus éminents à leurs yeux. Tels étaient les lois et les usages qui régissaient la possession des qualifications nobiliaires, lorsque la révolution de 89 bouleversa l'ordre social en France.
Un décret de l'Assemblée constituante, du 19 juin 1790, supprima les titres et les armoiries. Mais le sénatus-consulte du 14 août 1806 et l'ordonnance du 1er mars 1808 les rétablirent, et l'article 74 de la charte de 1814, devenu l'article 62 de celle de 1830, est ainsi conçu: "l'ancienne noblesse reprend ses titres; la nouvelle conserve les siens."
Sous la législation qui nous régit actuellement, nul ne peut prendre d'autres noms que ceux qui lui sont donnés dans son acte de naissance, à moins de s'y faire autoriser par ordonnance royale. Le ministère public, ou les particuliers ayant un intérêt direct, peuvent poursuivre l'exécution de cette clause; mais le nombre de ceux-ci est infiniment petit, et les poursuites faites d'office par celui-là sont extraordinairement rares.
D'ailleurs, le Code pénal ne prononce aucune condamnation contre la personne qui usurpe un nom; et c'est par une procédure purement civile qu'on peut attaquer le violateur de cette loi, et obtenir un jugement en vertu duquel les faux noms pris dans des actes de l'état civil doivent être rayés. Les frais de procédure et la possibilité d'éluder perpétuellement la loi, en changeant le nom qu'on usurpe ou seulement son orthographe, rendent les poursuites presque inutiles et illusoires.
La lacune de la loi est encore plus grande au sujet de l'usurpation de titre; les actes de l'état civil ne peuvent régulièrement la constater. Si l'on se reporte à l'acte de naissance d'un individu ou à l'acte de mariage de ses père et mère pour connaître les qualifications nobiliaires qu'il est droit de prendre, il sera presque impossible d'arriver à un résultat exact et satisfaisant. Car, dans les familles, la hiérarchie des titres amène des variations chaque fois qu'un décès change le chef de famille ou les membres intermédiaires entre lui et les petits-fils ou les cadets.
Il n'y a qu'un seul cas où l'usurpateur d'un titre soit sous le coup de la loi; c'est lorsque le motif qui l'a dirigé est lui-même répréhensible; mais c'est moins alors le fait lui-même que le but qui rend le coupable justiciable du tribunal correctionnel.
Au sein d'un abus aussi général, le titre de duc resta seul à l'abri des usurpations, parce que son importance et cette de la dignité de pair qui lui était presque inséparablement attachée, ne permettaient ni à la tolérance, ni à l'ambition d'aller jusque-là. On ne pensait même pas avoir besoin de prévoir de tels empiètements; et nous remarquons en effet, dans les arrêts ci-dessus mentionnés, que l'énumération des titres qu'il est défendu de prendre sans concession régulière passe sous silence celui de duc.
Le nombre des maisons ducales aujourd'hui existantes en France ne s'élève qu'à soixante, dont à peine la moitié est de création antérieure à 1789. Six ou huit seulement sont en possession de leur dignité en vertu de droits dont on puisse discuter la validité. Ce sont: 1ère, celles dont le titre vient d'une concession primitive, irrégulière; 2ème, celles qui possèdent leur titre par transmission, et dont la substitution n'a pas été revêtue de toutes les formalités nécessaires.
Le rang des ducs, qui a toujours été le premier en France, le petit nombre de personnes qui sont revêtues de ce titre, et l'espèce d'inviolabilité qui l'a mis à l'abri des usurpations, tels sont les motifs qui nous ont fait, dans le cadre de cet ouvrage, consacrer aux maisons ducales une partie spéciale et exclusive.
On donnait autrefois aux ducs les qualifications de Grandeur et de Monseigneur; mais depuis près d'un siècle, ces qualifications n'étant pas obligatoires, on les appelle simplement monsieur le duc. Le roi les traitait de cousins.
Dans la Grande-Bretagne, où les titres, à l'exception de celui de baronnet, sont exclusivement affectés aux pairies, il n'y a que vingt et un ducs anglais, sept écossais et un irlandais.
En Allemagne, on trouve les ducs d'Anhalt, de Brunswick, de Nassau, les grands-ducs de Bade, de Hesse, de Mecklembourg, tous souverains indépendants, faisant partie de la Confédération germanique.
En Espagne, le titre de duc est généralement affecté à la grandesse; en Italie, il est porté par un certain nombre de familles de la haute noblesse.
En Russie, il n'y a pas de duché; les membres de la famille impériale sont seuls qualifiés grands-ducs.

 

 


 

 

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Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 10:41

MARQUIS

Le nom de marquis, en vieux français marchis, a pour racine le mot marchio, employé dans la basse latinité. Il fut donné dans l'origine aux gouverneurs qui commandaient sur les marches ou frontières, et devint héréditaire comme leurs fonctions lorsque le régime féodal s'établit à la faveur de la faiblesse des successeurs de Charlemagne. Ainsi les anciens ducs de Lorraine prirent souvent le titre de marchis de Loheraine, comme on le voit dans le codicille de Thibaut III de l'an 1312, dans un acte de 1320, et dans le testament du duc de Jehan 1er, de 1377.
Les premiers comtes de Toulouse s'appelèrent quelquefois marquis de Provence; et les ducs de Savoie se qualifièrent toujours de marquis en Italie, marchio in Italia; mais cette qualification était alors d'un usage extrêmement rare. Elle ne devint plus commune qu'a partir de la fin du XVème siècle; c'est depuis ce temps qu'on a entendu par marquisat certains fiefs érigés sous ce titre par lettres patentes de nos rois, soit en considération de quelque service important, soit par finance. Les effets de cette création cessaient par l'extinction de la famille qui l'avait obtenue. La baronnie de Trans, érigée en marquisat par le roi Louis XII, au mois de février 1505, en faveur de la maison de Villeneuve, est le premier exemple, en France, de l'application de ce titre à des fiefs situés dans l'intérieur du royaume.
Le marquisat de Saint-Sorlin avait été érigé par le duc de Savoie, le 26 février 1460, en faveur de Gaspard de Varax; mais il n'est devenu français que par la réunion du Bugey à la Couronne. Les marquis de Nesle, dont la création est postérieure aux deux créations que nous venons de citer, se sont souvent appelés premiers marquis de France, parce qu'ils étaient les plus anciens de l'Ile-de-France.
Les noms de marquis et de margrave, (margrave, en allemand margraff, est formé des mots mark, frontière, et graf, comte), malgré leur communauté d'origine, ont acquis peu à peu une signification différente: le margrave, dans les temps modernes, est un prince allemand qui jouit de toutes les prérogatives attachées à la souveraineté.
Les premiers présidents du parlement de Bretagne étaient dans l'usage de prendre le titre de marquis.
Il y a quelques marquisats en Italie, comme celui de Final; en Pièmont, comme celui de Saluces; ils sont assez nombreux en Espagne; il n'y en pas en Suède, en Pologne, en Danemark.
Le titre de marquis était inusité en Angleterre, lorsqu'il fut donné en 1385, par Richard II, au comte d'Oxford. Il a été attaché depuis successivement à diverses pairies dont le nombre ne s'élève qu'à trente-sept: dix-neuf pour l'Angleterre, quatre pour l'Écosse et quatorze pour l'Irlande. Aux sept pairies ducales sont aussi attachés des marquisats; car, d'après la hiérarchie établie, pour être créé duc, il faut avoir une pairie au titre de marquis.
Ceux qui prétendent que le titre de marquis était inférieur en France à celui de comte, allèguent en faveur de leur opinion que nos rois n'ont érigé aucun marquisat en pairie. Mais cela s'explique naturellement: car depuis l'introduction des marquisats en France, toutes les créations de pairies nouvelles ont été faites sous le titre ducal.
D'ailleurs la cause a été décidée en faveur des marquis, lorsqu'un arrêt du conseil privé, du 10 mars 1578, régla qu'une terre érigée en châtellenie devait avoir d'ancienneté haute, moyenne et basse justice sur les sujets de cette seigneurie, avec marché, foire, péage, prévôté, église, etc., et qu'elle devait être tenue à un seul hommage du roi; que la baronnie serait composée de trois châtellenies, ou d'une baronnie et de six châtellenies, le tout tenu du roi; et que le marquisat renfermerait trois châtellenies. Quoique cette décision n'ait jamais été rigoureusement exécutée, elle indique la hiérarchie légale des titres; et dans tous les actes officiels émanés de l'autorité royale ou des cours souveraines, le titre de marquis a précédé celui de comte toutes les fois qu'il s'est agi des deux simultanément.
On pourrait tirer aussi un argument matériel de la forme de la couronne: celle des ducs est surmontée de huit fleurons; celle des comtes est rehaussée de seize pointes, terminées par une grosse perle; celle des marquis tient de l'une et de l'autre; elle est ornée de fleurons, séparés chacun par trois perles portées sur une même pointe.
Lorsque Napoléon constitua la noblesse impériale, il la composa de princes, de ducs, de comtes et de barons, à l'exclusion des titres de marquis et de vicomtes. La restauration rétablit l'ancien ordre de choses, et l'ordonnance du roi du 31 août 1847, concernant la chambre des pairs donna la préséance aux marquis sur les comtes. Depuis 1830, on en est revenu aux usages de l'empire, et il n'y a pas eu de concession des deux qualifications exclues par Napoléon.
Nous devons ajouter que, malgré la supériorité du titre de marquis sur celui de comte, aucun prince de la famille royal ne porta le premier, sans doute parce qu'il n'y eut jamais de fief érigé en marquisat assez considérable pour former l'apanage d'un rejeton de la maison de France. Mais cela ne touche en rien à la question de préséance, car
la naissance seule fixe le rang des princes du sang; ainsi les comtes d'Artois et de Provence précédaient, sous Louis XVI, le duc d'Orléans; le prince de Condé précédait le duc de Bourbon.
Par landulphe - Publié dans : Vie Quotidienne
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Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 10:43

COMTE

Le nom de comte était connu chez les Romains; mais ce ne fut que sous les derniers empereurs qu'on commença à désigner par ce titre une personne constituée en dignité. Eusèbe dit que Constantin partagea les comtes en trois classes: ceux de la première étaient qualifiés illustres, ceux de la seconde clarissimes ou considérés, et ceux de la troisième très-parfaits. Les derniers avaient certains privilèges; mais les premiers et les seconds composaient seuls le sénat.
A peine le nom de comte devint-il un titre, qu'il fut ambitionné, et qu'en le prodiguant on lui enleva une partie de son prix.
Il y eut des comtes pour le service de terre, pour le service de mer, pour les affaires civiles ou religieuses, pour l'administration des finances et de la justice. Les latins les appelaient comites, du verbe comitari, accompagner, parce qu'ils formaient la suite du prince. C'était parmi eux que les empereurs choisissaient leurs généraux d'armée et les gouverneurs de province. En passant à de nouvelles dignités, ils retinrent leur titre primitif; d'où il arriva que ceux qui leur succédèrent dans ces dignités se firent appeler comtes, quoiqu'ils n'eussent jamais été attachés à la personne de l'empereur. Les anciens comtes du palais, à Rome, portèrent d'abord le nom de comites et de magistri; ils supprimèrent peu à peu cette dernière qualification. Les ducs n'étaient alors distingués des comtes que par la nature de leurs fonctions: ceux-ci étaient pour l'administration de l'intérieur, ceux-là pour la conduite de la guerre.
Les barbares, en s'établissant dans les Gaules et dans les autres provinces de l'empire d'Occident, n'abolirent point la forme du gouvernement romain, et conservèrent les titres de comtes et de ducs que portaient les gouverneurs des provinces et les magistrats des villes. Sous les rois de la seconde race, ces seigneurs, qui avaient été jusque-là amovibles, rendirent leurs fonctions héréditaires. Ils usurpèrent même la souveraineté des pays et des cités où ils commandaient, lorsque Hugues Capet et le comté de Paris, monta sur le trône. Son autorité n'était pas d'abord assez affermie pour s'opposer à ces usurpations; et c'est de là, dit-on, qu'est venu le privilège qu'ils ont encore de porter une couronne dans leurs armes. Peu à peu les comtes sont rentrés sous l'autorité royale, et leur titre n'a plus été qu'une qualification honorifique, laissée ou concédée par le prince, qui se réservait la juridiction et la souveraineté sur la terre qu'il érigeait en comté.
D'abord la clause de réversion du comté à la couronne, à défaut d'enfants mâles, ne fut point mise dans les lettres patentes d'érection; pour obvier à la multiplicité des concessions, Charles IX ordonna en 1564 qu'elle aurait lieu de droit, sauf dérogeance contraire. Cette réversion ne regardait que le titre et non le domaine, qui passa toujours aux héritiers ordinaires, mais sans attribution de la dignité.
Les plus anciens comtés sont ceux qui ont été inféodés par nos rois avant le XIème siècle. C'étaient des grands fiefs ou fiefs immédiats, auxquels on a donné le nom de provinces depuis leur réunion à la couronne. Il n'y avait en France, avant l'usage des érections de terres titrées, aucun duché qui ne fût grand fief; mais il y avait beaucoup de comtés qui ne l'étaient pas: comme ceux de Clermont en Argonne, de Dammartin, de Gien, d'Aumale.
Depuis un siècle, tous ceux qui ont été revêtus du titre de comte n'ont pas eu pour cela des domaines érigés en comté. Le roi accordait ce titre par simples lettres patentes, et de sa pleine volonté. L'enregistrement de ces lettres, par les cours supérieures, était seul indispensable comme mesure financière, bien plus que comme mesure d'ordre.
Nos ambassadeurs et nos plénipotentiaires étaient, au siècle dernier, dans l'usage de se qualifier comtes, pour s'entourer d'un éclat et d'un degré de considération proportionné à l'importance de leurs fonctions.
Les chanoines des chapitres nobles de Lyon, de Mâcon, de Brioude, de Saint-Claude, etc., prenaient le titre de comtes.
Il n'y a pas eu d'érection de pairie sous le titre de comté ou de baronnie, depuis celle de Villefranche en Rouergue, au mois d'août 1480, pour Frédéric d'Aragon, prince de Tarente.
En Angleterre, le titre de comte, carl, s'éteignait originairement avec celui qui l'avait reçu. Guillaume-le Conquérant le rendit héréditaire, l'annexa à plusieurs provinces, et le donna en récompense à quelques grands de sa cour, auxquels il accorda, pour soutenir leur rang, la troisième partie des deniers des plaidoiries, amendes, confiscations et autres revenus de la couronne, dans toute l'étendue de leur comté. Cette somme était payée par l'échevin de la province. Les comtes furent depuis créés par chartes; ils n'avaient ni autorité ni revenus dans le comté dont ils portaient le nom; leur titre comtal ne leur valait qu'une pension honoraire sur l'échiquier. C'est aujourd'hui une qualification nobiliaire attachée à un nombre assez considérable de pairies.
L'investiture de cette dignité se fait en Angleterre avec pompe: le roi, tenant les lettres patentes à la main, ceint l'épée à celui qu'il crée comte, lui met le manteau sur l'épaule, le bonnet et la couronne sur la tête, et le nomme consanguineus noster, mon cousin.
Il y a dans la Grande-Bretagne 226 comtes, dont 110 pour la pairie anglaise, 42 pour celle d'Écosse, 74 pour celle d'Irlande.
Par landulphe - Publié dans : Vie Quotidienne
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